Texte inédit
Eugène Gagnon, 1921-1947
source Mario Hains
Le mot factoïde viendrait des mots fait et fiction.
Comme je ne peux questionner Eugène Gagnon décédé en 1947, je dois chercher mes informations auprès des personnes qui l’ont connu afin d’honorer sa mémoire. Je peux me retrouver confronté avec plein de factoïdes où la réalité et la fiction s’entremêlent.
C’est le cas d’Eugène Gagnon, né à Bromptonville au Québec. Aussi connu à Bromptonville par le surnom Ti-Bé, il aurait passé sous le pont de la ville avec un avion.
Fait ou factoïde ?
Voici un fait : Eugène Gagnon était un pilote de Mosquito de la RAF.
Peu de gens le savent, tout comme peu de gens savent que seuls les meilleurs pilotes étaient choisis pour voler sur ce type d'appareil.
Eugène s’est tué dans un accident d’avion en 1947. Dans un article de La Tribune du 22 octobre 1947, l’auteur du texte raconte les événements entourant la mort d’Eugène Gagnon. Selon le texte, Eugène ne serait jamais allé combattre en Europe.
Il aurait aimé se rendre au-dessus de l’Allemagne, mais l’aviation, reconnaissant ses excellentes qualités de pilote, voulut le garder au pays pour l’assigner à des missions spéciales.
Factoïde !
Une personne, dont Eugène Gagnon était le héros de sa jeunesse, avait en sa possession le certificat de démobilisation de ce dernier.
source Marcel Bergeron
On lit qu’il a été décoré.
source Marcel Bergeron
Eugène a combattu en Europe! Son certificat de démobilisation l'atteste clairement… Il a été décoré de la D.F.C. et a reçu d’autres médailles, ce qui prouve hors de tout doute qu’il a combattu en Europe.
L’auteur de l’article de La tribune a omis de mentionner qu’Eugène a été un héros de la guerre et qu’il a reçu la D.F.C. Quand il a fait ses recherches pour écrire son article, les gens de la famille d’Eugène n’ont pas accordé d’importance à ses exploits ou alors, comme tous les vétérans, Eugène n’en avait pas parlé.
Laissons parler les documents officiels.
GAGNON, F/L Joseph Achille Eugene (J27002)
– Distinguished Flying Cross
– No.23 Squadron
- Award effective 22 May 1945 as per London Gazette of that date and AFRO 1147/45 dated 13 July 1945.
Born 1921; home in Bromptonville, Quebec.
Enlisted Montreal 7 February 1941.
Commissioned 1942.
Trained at No.1 ITS (graduated 3 July 1941), No.10 EFTS (graduated 21 January 1942) and No.6 SFTS (graduated 24 April 1942).
Since joining his squadron in December 1944, this officer has completed many sorties against a variety of targets. His determination has been outstanding and his persistent attacks on enemy locomotives, rolling stock and road transport have been most successful. One night in March 1945, he was detailed on a minelaying mission in a section of the Elbe River. On the outward journey the starboard engine developed trouble but despite this he went on to accomplish his task in the face of heavy enemy fire. On the return journey the starboard engine became completely unserviceable. Height could not be maintained and the aircraft was forced down to 400 feet, becoming extremely difficult to control. Displaying brilliant airmanship and determination, Flight Lieutenant Gagnon made a successful landing at base without injury to his crew and with but slight damage to the aircraft. His devotion to duty has been most notable.
Source
[Traduction]
Eugène Gagnon DFC
GAGNON, F/L Joseph Achille Eugene (J27002)
- Distinguished Flying Cross
– Escadrille no 23
- Décoration effective le 22 mai 1945 tel qu’indiqué dans le London Gazette de cette date et AFRO 1147/45 en date du 13 juillet 1945.
Né en 1921; domicile Bromptonville, Québec. S’est enrôlé à Montréal le 7 février 1941. Entré en service en 1942. Entraînement au No.1 ITS (Initial Training School), il a gradué le 3 juillet 1941, No.10 EFTS (Elementary Flying Training School), il a gradué le 21 janvier 1942 et No.6 SFTS (Service Flying Training School) a gradué le 24 avril 1942.
Il a rejoint son escadrille en décembre 1944. Cet officier a complété beaucoup de sorties contre une variété de cibles. Sa détermination a été remarquable et ses attaques continuelles de locomotives ennemies, de wagons et de camions de transport ont été des plus réussies. Lors d’une nuit en mars 1945, il lui avait confié la mission de mouiller des mines dans une partie de la rivière Elbe. À l’aller, le moteur droit connut des ennuis, mais malgré cela le pilote continua sa mission face à des tirs nourris de la D.C.A. allemande. Lors du retour, le moteur droit arrêta complètement de fonctionner. Comme le pilote ne pouvait maintenir de l’altitude, l’avion a dû voler à 400 pieds au-dessus du sol, le rendant ainsi extrêmement difficile à contrôler. Démontrant son brio comme pilote et sa détermination, le Lieutenant d’aviation Gagnon a réussi à atterrir à sa base sans aucune blessure à l’équipage et quelques dommages mineurs à l’appareil. Son sens du devoir a été tout à fait digne de mention.

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