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dimanche 28 mars 2010

La guerre du Pacifique et le Québec (1937-1945)

Par Serge Granger
Texte inédit

Les chiffres entre parenthèses renvoient aux notes placées à la suite du texte.

*****

Introduction

La guerre du Pacifique lors de la Deuxième Guerre mondiale a eu plusieurs impacts sur le Québec. Tout d’abord, l’effort de guerre des alliés contre le Japon a modifié la relation qu’entretenait le Québec avec l’Asie passant d’une réalité missionnaire et commerciale à une relation plus complexe en termes géostratégique et diplomatique.

Il y a deux phases distinctes dans l’implication québécoise en Asie-Pacifique durant la deuxième guerre.

La première phase (1937-1941), durant l’invasion et l’occupation japonaise de la Chine, ne change pas la politique extérieure du Canada envers l’Asie. Un flot continuel de missionnaires québécois débarque en Asie et le commerce canadien avec le Japon et la Chine s’améliore.

La deuxième phase de la guerre (fin 1941-1945) se transforme radicalement lorsque le Canada déclare la guerre au Japon en décembre 1941. L’implication québécoise en Chine prend une forme militaire, diplomatique et géostratégique. Parmi les Alliés en Asie, la participation canadienne reste modeste. Deux conférences de Québec (1943 et 1944) ont permis aux Alliés d’achever les plans de libération de la Chine.

Malgré la guerre entre la Chine et le Japon, aucun changement fondamental dans la politique canadienne envers l’Asie n’affecte les relations qu’entretient le Québec avec le Japon et la Chine.

Par contre, lorsque le Canada déclare la guerre au Japon en 1941, cela amorce la présence japonaise au Québec puisque celle-ci fut déportée de la côte ouest du Canada. La guerre du Pacifique initie des efforts diplomatiques et militaires considérables qui changent les relations entre le Québec et l’Asie.

vendredi 26 mars 2010

Trois fois plus de volontaires francophones qu’en 1914

Par Pierre Vennat
Texte inédit

Le 23 avril 1941, le Vancouver Sun a publié un éditorial fort intéressant sur l’effort de guerre du Québec mené jusqu'à cette date. Faisant écho à un discours récent du cardinal Villeneuve, l’éditorialiste écrivait :

« La participation de la province de Québec ne résume pas, d’ailleurs, à des discours. Il existe des faits et des chiffres, des hommes et des femmes, des usines, des canons, de la production enfin; et il serait bon que tous les Canadiens s’en rendent compte.

« Au cours de la dernière guerre, que Québec ne considéra jamais comme la sienne, moins de 20 000 Canadiens français s’enrôlèrent dans l’armée canadienne de 500 000 hommes. Au début de cette année, l’effectif total de nos armées de terre, de mer et de l’air était de 229 700 hommes. Là-dessus, la part du Québec a été de 42 650 hommes et, de plus, de nombreux Canadiens français de l’Ontario et des autres provinces se sont enrôlés. Au moins 50 000 Canadiens français portaient l’uniforme en janvier et leur nombre a augmenté depuis.

« Ainsi Québec a donné jusqu’à trois fois plus d’hommes au pays qu’il ne l’a fait lors de la Première Guerre, bien que l’enrôlement total au Canada soit encore la moitié de ce qu’il était en 1918. Voilà des chiffres remarquables… »

mercredi 24 mars 2010

Engagement par patriotisme ou pour des raisons économiques?

Par Pierre Vennat
Texte inédit

Quoiqu’en disent les propagandistes de « l’unité nationale », les recrues de 1939 ne s’engageaient pas dans les forces armées que par patriotisme ou par goût de l’aventure.

Bref, au sortir de la dure crise économique des années 1930, pas moins de 680 Montréalais vivant jusque-là d’allocations de chômage s’étaient enrôlés dans l’armée canadienne entre l’ouverture des hostilités et la mi-octobre 1939 et, dans 378 cas, il s’agissait de chefs de famille. 240 autres jeunes ex-chômeurs demeuraient jusqu’alors chez leurs parents au moment de leur enrôlement, tandis que 71 des chômeurs célibataires vivaient alors seuls en appartement.

lundi 22 mars 2010

Les premiers régiments sous les drapeaux

Par Pierre Vennat
Texte inédit

Peu de gens le savent, mais plusieurs dizaines de soldats canadiens-français, membres du Régiment de Châteauguay et du Régiment de Saint-Hyacinthe, sont entrés de plein pied dans la Deuxième Guerre mondiale, six jours avant qu’elle ne débute officiellement et deux bonnes semaines avant que le Canada ne déclare à son tour la guerre à l’Allemagne.

Le Régiment de Châteauguay, dont il est question, portait le nom de Voltigeurs canadiens. Formé d’hommes recrutés dans la région de Châteauguay et de Beauharnois, il était commandé par le lieutenant-colonel Charles de Salaberry. Lors de la fameuse bataille de Châteauguay, en 1812, ces miliciens avaient empêché le Canada de tomber dans le giron américain. C’est de ces Voltigeurs canadiens, premier régiment canadien-français de miliciens réguliers, que descendaient les hommes formant, en ces derniers jours d’août 1939, le régiment de Châteauguay, entré en guerre six jours avant son déclenchement. C’est en 1921 qu’il prit le nom de Régiment de Châteauguay.

samedi 20 mars 2010

Combien de Canadiens français sous les drapeaux?

Par Pierre Vennat
Texte inédit

On ne saura jamais complètement combien de Canadiens français ont servi sous les drapeaux lors de la Deuxième Guerre mondiale puisque l’armée canadienne s’est toujours obstinée à compiler ses statistiques par provinces et que l’orthographe ne veut rien dire, puisque un Johnson peuvent être francophone, tout comme l’inverse peut être vrai.

Reste qu’il est admis que le Régiment de Maisonneuve fut un des premiers au Canada, sinon le premier, à compléter les cadres de son premier bataillon, et ce dès septembre 1939.

mardi 16 mars 2010

Humour et propagande. La caricature au Québec pendant la Seconde Guerre mondiale

Par Robert Aird
Texte inédit

L’article qui suit aborde la caricature traitant de la Seconde Guerre mondiale dans les journaux québécois. Il est inévitable de survoler aussi la période qui précède ce conflit meurtrier, alors que les caricaturistes touchent à divers sujets d’actualité qui ont entraîné le monde dans cette longue guerre.

De plus, les médias ne souffraient pas encore de la censure en temps de guerre. On peut donc observer une plus large expression des idées et des opinions.

D’abord, nous verrons les journaux de combat dont la durée de vie est éphémère. Ils diffusent clairement une idéologie, de gauche ou de droite, et sombrent parfois dans les extrêmes. Nous avons retenu le journal de Jean-Charles Harvey, Le Jour (1937-1946), que l’on peut qualifier de libéral plutôt porté à gauche, ainsi que La Clarté (1935-1939), une publication socialiste qui a été victime de la loi du cadenas, une mesure anticommuniste du gouvernement de Maurice Duplessis.

La Nation (1935-1939), journal nationaliste, corporatiste, antisémite et catholique, de même que Le Goglu (1929-1933) du nazi Adrien Arcand, offrent un son de cloche favorable aux idées d’extrêmes droites. Le Canada, organe du Parti libéral, à cheval entre le journal d’information et d’opinion, a le mérite de publier les caricatures de Robert LaPalme.

Nous n’avons pu choisir Le Devoir, seul quotidien indépendant, qui ne publiait pas encore de caricatures. Il y a évidemment les journaux d’information et commerciaux. Nous avons retenu le journal La Presse qui publie les caricatures d’Albéric Bourgeois et La Patrie dans lequel œuvre Arthur J. Lemay.

dimanche 14 mars 2010

Laurent Véronneau, mitrailleur au sein du 425e escadron de la RCAF (3e partie de 3)

Par Guy Tremblay

Heureusement, Laurent se pose dans un champ non loin de Gosselies, en Belgique. Ce village se trouve près de Charleroi. Gosselies venait le matin même d’être libérés par les Américains! Il s’avère tout de même dangereux de traîner dans les parages. Aussitôt posé, des Belges prennent Laurent en charge.

Entre-temps, le sans-filiste et le mitrailleur arrière du bombardier de Laurent atterrissent sains et saufs non loin du point où Laurent s’est posé.

La journée suivante est consacrée à une coupe de cheveux, puis à l’embarquement dans un Avro Anson qui le ramène, avec d’autres aviateurs, à la base de Tholthorpe. Il s’en suit une permission de deux semaines. Laurent, alors âgé de 20 ans, visite une partie de l’Europe.
Il exécutera six autres missions par la suite.

Le 8 mai 1945, l’armistice est officiellement proclamé. La guerre est terminée en Europe. Le 12 juin, la base de Tholthrope n’est plus opérationnelle et une demande est adressée aux membres des équipages : retourner au Canada ou s’engager pour continuer pour le Pacifique où la guerre continue contre le Japon.

Laurent choisit le Pacifique. Il entame une nouvelle phase d’entraînement, mais les deux bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945, entrainent la défaite du Japon. La Seconde Guerre mondiale s’achève.

N’ayant pu prendre part à la guerre du Pacifique, Laurent rentre finalement au Canada. Il se sait trop de quoi sera fait son avenir. À l’automne 1946, il est libéré des forces armées. Il suit son cours préscientifique à la faculté d’arpentage et génie forestier de l’Université Laval. Il gradue en 1951, puis se rend à Dolbeau afin de travailler en forêt et apprendre le métier d’arpenteur.

Laurent n’a jamais perdu le goût de voler. En 1954, il suit un cours de pilotage au Montréal Flying Club de Cartierville. Il obtient sa licence de pilote privé qui demeure encore valide. Par la suite, il loue des Piper J-3 dans les aéroclubs de Saint-Hubert, des Laurentides et de Wondel.

En 1956, il ouvre un bureau d’arpenteur dans la région de Saint-Jean-sur-Richelieu. L’année suivante, il se marie et deviendra père de quatre enfants. En 1960, il achète, en compagnie de trois compagnons, un Cessna 172 C-FJTK (1957) qu’il revend en 1975. Il achètera ensuite un Beech A23-24 C-FXBR.

Laurent Véronneau a aujourd’hui 85 ans. Il est membre de l'Association des Pilotes et Propriétaires de Hangar de St-Jean-sur-Richelieu. Il pilote encore son avion à tous les dimanches matins…




vendredi 12 mars 2010

Laurent Véronneau, mitrailleur au sein du 425e escadron de la RCAF (2e partie de 3)

Par Guy Tremblay

Suite de l'article Laurent Véronneau, mitrailleur au sein du 425e escadron de la RCAF (1re partie de 3)

Laurent et son équipage sont attachés à la base de Tholthorpe située à 19 km au nord-ouest de York, en Angleterre (voir no 1 sur la carte ci-bas). L’escadron 425 est basé à cet endroit entre décembre 1943 et juin 1945.

C’est à partir de cette base que Laurent exécute quelques vols d’entraînement avec un bombardier de type Wellington, surnommé le cigare volant.

La première mission de bombardement à laquelle il participe déroule en pleine nuit sur Cologne, en Allemagne. Laurent se souvient encore des départs des 20 à 25 bombardiers Halifax qui quittaient le sol anglais pour ces dangereuses missions de bombardements au-dessus de l’Allemagne.

Les hommes partaient sans savoir s’ils allaient revenir et ils ignoraient, s’ils revenaient sains et saufs, dans quel état serait leur appareil. En effet, plusieurs Halifax revenaient au bercail parsemés de trous de balles, et très souvent, avec seulement trois moteurs au lieu de quatre.


Laurent participe à 21 missions de bombardement au-dessus de l’Allemagne et à deux de diversion. Les bombardements se déroulent la plupart du temps de nuit, à une altitude moyenne de 15 000 pieds. Plus d’une centaine d’appareils prennent habituellement part à ces raids. Ils déversent souvent plus d’un million de livres de bombes à forte explosion et 250 000 livres de bombes incendiaires.

Dans la nuit du 15 au 16 mars 1945, Laurent en est à sa quinzième mission. Il se trouve à bord de l’un des 43 Halifax des escadrons 408, 415, 420, 425, 426 et 436. L’opération compte aussi 99 Lancasters issus des escadrons 419,424,427,428,431, 433 et 434. Par temps clair, ces appareils se dirigent vers la ville de Hagen, située dans la vallée du Rhur.

Les équipages survolent la région à des altitudes comprises entre 13 000 et 19 000 pieds. Ils larguent plus de 468 000 livres d’explosifs et 818 000 livres de bombes incendiaires, infligeant de sérieux dommages aux usines ennemies.

Soudain, alors qu’il se trouve au-dessus de l’objectif, l’appareil dans lequel se trouve Laurent est illuminé par un faisceau lumineux provenant du sol. La défense anti-aérienne allemande a repéré le bombardier et l’attaque. Heureusement, les dommages ne sont pas sérieux : quelques trous dans une aile et le fuselage.

Sur le chemin du retour, un chasseur de nuit allemand Junkers 88 tire une série de balles qui atteint l’aile droite du bombardier ainsi que ses deux moteurs de droite.


Junker 88

Laurent tire plusieurs rafales vers le Junker 88. Selon la trajectoire des balles traçantes, il semble qu’il atteint sa cible à plusieurs reprises. Laurent conserve son calme, cette attaque n’est pas la première du genre à laquelle il fait face.

Tout à coup, il aperçoit du feu dans le quatrième moteur, puis dans le troisième. L’ingénieur de vol met aussitôt les extincteurs en marche, mais en vain. Le feu continue à consumer l’aile et les moteurs.

À ce moment, Laurent décide de quitter ce four qui risque assurément de devenir son tombeau. Le temps le presse, car doit rapidement exécuter les opérations suivantes avant de pouvoir sauter en parachute :

• débrancher tous les raccords de sa combinaison : oxygène, chauffage, casque d’écoute;
• descendre de sa tourelle dans la carlingue pour prendre son parachute et ce, sans masque, à 13,000 pieds d’altitude;
• se guider dans la noirceur totale sur la longueur du fuselage pour trouver son parachute et l’attacher;
• combattre les mouvements de roulis vers la droite en piqué de l’avion en évitant le feu qui envahit le fuselage;
• sauter les deux pieds en avant en se disant qu’il mourra de toute façon s’il demeure trop longtemps dans l’appareil.

L’évacuation est chaotique. Laurent perd une botte. Une sangle de son parachute reste coincée autour de son épaule droite. En chute libre, dans le froid de mars et la pénombre, il voit disparaître son Halifax en flammes qui s’écrase au loin. Il espère de tout cœur que les autres membres de l’équipage ont pu abandonner à temps l’appareil.

Laurent parvient à tirer la poignée d’ouverture du parachute. Celui-ci s’ouvre. Mais sa joie s’estompe rapidement : où atterrira-t-il? Dans les arbres? Sur des fils? En territoire ennemi?




mercredi 10 mars 2010

Laurent Véronneau, mitrailleur au sein du 425e escadron de la RCAF (1re partie de 3)

Par Guy Tremblay

Guy Tremblay détient une licence de pilote professionnel depuis 1976. Il a fondé « l’Association des pilotes de Saint-Jean-sur-Richelieu » en 2000. Il en est le président depuis le début.


Monsieur Laurent Véronneau est membre de l’Association des pilotes de Saint-Jean-sur-Richelieu depuis sa fondation en 2000. Il est le doyen de l'association. Un dimanche matin, alors que je volais avec lui pour nous rendre à un déjeuner causerie hebdomadaire, il m'a raconté son vécu de mitrailleur durant la deuxième guerre. J'ai trouvé son récit très captivant. J’ai donc décidé de faire partager son épopée à nos membres par le biais de notre "Journal de bord" .

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Laurent Véronneau est né le 10 juillet 1924 à Saint-Hugues, dans une famille de cultivateurs composée de cinq enfants. Alors qu’il a 18 ans, Laurent rencontre un ancien professeur qui lui propose de s’enrôler dans la RCAF (Royal Canadian Air Force). Le professeur touchait une corde sensible, car Laurent a toujours rêvé de voler.

Les formalités de l’enrôlement accomplis, il se rend à Toronto pour suivre son entraînement militaire. Il veut faire partie du personnel volant, mais il est trop jeune pour devenir pilote. Un recruteur lui suggère de devenir mitrailleur.

À la fin de 1943, Laurent part à l’Île du Prince-Édouard pour suivre l’entraînement de mitrailleur. L’entrainement d’une durée de trois mois consiste notamment à :

• apprendre la manipulation d’une tourelle pour coordonner ses tirs avec le pilote;
• se familiariser avec la rotation de la tourelle;
• prendre conscience de la vulnérabilité de sa cloche de verre;
• se familiariser avec les quatre mitrailleuses de type Browning de calibre.303 (7,7 mm).
Laurent sur sa tourelle

L’entraînement se déroule avec un bi-moteur Bristol Bolingbroke. Ce dernier possède des tourelles identiques à celles du bombardier de type Halifax. Le Bristol est précédé d’un avion monomoteur remorquant un sac de sable. Chaque apprenti-mitrailleur tire des balles de couleurs différentes dans le sac. Ainsi, une fois revenu au sol, on peut connaître la dextérité et le pointage des futurs mitrailleurs.



Laurent performe bien et passe à l’étape suivante de son entrainement, soit celle d’exécuter des tâches de commando (survie, attaque corps à corps, entraînement physique, etc.). Cet entraînement très rigoureux d’une durée d’un mois est dispensé par des vétérans de Dieppe. Finalement, Laurent gradue au printemps 1944.
Photo lors de sa graduation. Laurent se trouve à l’extrême droite de la photo.

Il revient à Lachine (sud-ouest de Montréal) pour faire ses bagages. Puis, il prend le train en direction d’Halifax d’uù il embarque dans avion cargo qui le mènera en Écosse. Durant la traversée, il fait la connaissance d’autres Canadiens français dont Roland Laporte qui s’est enrôlé comme pilote en 1939.

Ce dernier demande à Laurent de faire partie de son équipage en qualité de mitrailleur. Laurent accepte. Le pilote canadien français a de bons contacts. Il sera le commandant d’un Handley page Halifax III dont l’équipage est composé d’un pilote, d’un ingénieur qui agit aussi à titre de co-pilote, d’un sans-filiste, d’un navigateur, d’un bombardier et de deux mitrailleurs. C’est ainsi que Laurent intègre l’escadron 425 (Alouette).


L’équipage avec laquelle Laurent volera durant son périple.







lundi 8 mars 2010

Colloque. La difficulté de faire revivre les colloques

Par Pierre Vennat
Texte inédit
Je reviens de Kingston, où se tenait les 4 et 5 mars 2010, un colloque international en histoire militaire, organisé par le Département d’histoire du Collège militaire royal (CMR) sous le thème La Guerre : catalyseur de changements sociaux au Canada.
Pendant quinze ans, de 1994 à 2008, les passionnés d’histoire militaire ont pu assister à un colloque annuel qui, non seulement leur permettait de prendre connaissance d’exposés intéressants, mais également de se rencontrer, de faire connaissance pour certains, et de s’encourager mutuellement à poursuivre leurs travaux pour favoriser une meilleure connaissance et la diffusion de notre passé militaire. Le tout en français.
Ces colloques ont remporté un vif succès grâce à la collaboration de l’Université du Québec à Montréal et de sa chaire Hector-Fabre d’histoire du Québec, de la Direction-Histoire et Patrimoine de la Défense nationale et du Collège militaire royal de Kingston.
Mourad Djababla en a d’ailleurs raconté l’histoire sur ce blogue. Malheureusement, la Chaire Hector-Fabre n’existe plus et Mourad Djababla, bien que conférencier à Kingston cette année, est passé armes et bagages à l’Université McGill où il est chargé de cours. Si bien que personne, en 2009, ne fut en mesure d’organiser le colloque pourtant annuel pendant les quinze dernières années.
Aussi aurait-on été en droit de s’attendre à ce que le colloque des 4 et 5 mars derniers au Collège militaire sous le thème de La Guerre : catalyseur de changements sociaux au Canada, attire une assistance nombreuse de chercheurs et d’étudiants francophones, intéressés à notre histoire militaire.

samedi 6 mars 2010

Le brigadier général Paul Sauvé

Par Pierre Vennat

Rares sont ceux qui ignorent que Paul Sauvé fut (trop) brièvement premier ministre du Québec et qu’en tant que successeur de Maurice Duplessis, il fut, avec son slogan désormais, le véritable précurseur de la Révolution tranquille dès septembre 1959.

Mais rares sont également ceux qui savent qu’il fut un grand militaire, commanda les Fusiliers Mont-Royal sur le front de Normandie en 1944 et termina sa carrière militaire comme brigadier général de réserve.

On trouvera plus bas la notice biographique que j’ai rédigée pour le site Internet des Fusiliers Mont-Royal

Ceux qui désirent en savoir davantage peuvent se procurer la biographie de Sauvé intitulée Désormais l’Avenir (1907-1960) de Paul Labonne, paru aux Éditions Point de fuite en 2003.

Brigadier général Paul Sauvé

Ce ne sont pas tous les régiments qui peuvent s’enorgueillir qu’un de leur ancien commandant, en plus de se voir octroyer le grade de brigadier général, ait été premier ministre de sa province, après avoir été président de l’Assemblée législative et longtemps ministre.

Paul Sauvé, lui-même fils d’un ancien ministre fédéral, a été tout cela. Fils d’Arthur Sauvé, longtemps député fédéral conservateur des Deux-Montagnes et pilier du parti conservateur au Québec, Paul Sauvé était jeune député de l’Assemblée nationale lors du début de la Deuxième Guerre mondiale.

Il aurait sans aucun doute pu demeurer au pays en tant que parlementaire, mais alors lieutenant au régiment, il décida de se porter volontaire et rejoignit les Fusiliers Mont-Royal dont il était déjà officier réserviste avant la guerre.

Après avoir servi au pays dans diverses fonctions d’état-major, Sauvé demanda de servir au front, rejoignit les Fusiliers outre-mer en 1943, se vit confier une compagnie avec le grade de major puis succéda à Guy Gauvreau, lorsque celui-ci fut promu commandant de brigade.

Après avoir participé à la campagne de Normandie avec honneur (il s’est d’ailleurs mérité la Croix de guerre du gouvernement français), Sauvé revint au pays, reprit ses activités de parlementaire en tant que bras droit de Maurice Duplessis, alors chef de l’Union nationale et du gouvernement du Québec. Il fut notamment ministre de la Jeunesse et du Bien-être social, principal responsable de l’éducation publique au Québec avant la création d’un véritable ministère de l’Éducation.

Parallèlement, Sauvé non seulement demeura fidèle à son ancien régiment, mais continua ses activités dans la milice et fut ultérieurement promu brigadier général de réserve.

En septembre 1959, à la mort de Maurice Duplessis, Sauvé prit les rênes du gouvernement et lança la série de réformes qui devaient mener à la Révolution tranquille avec son fameux slogan Désormais.

Malheureusement, au lendemain du Nouvel an 1960, le populaire premier ministre succomba à un arrêt cardiaque à résidence de Saint-Eustache. Tout le Québec le pleura.

jeudi 4 mars 2010

Le NCSM Athabaskan

Par Pierre Lagacé
Texte inédit

Le destroyer Athabaskan est sûrement le navire canadien qui a fait le plus parler de lui durant la Deuxième Guerre mondiale, du moins au Canada anglais.

À la fine pointe de la technologie pour l’époque, ce destroyer de la classe Tribal a servi dans la marine canadienne au même titre que les destroyers Haida, Iroquois, Huron, Micmac, Nootka et Cayuga.

L’Athabaskan a connu plusieurs incidents et c’est pour cela qu’il fut baptisé The Unlucky Lady. Une violente tempête en mer l’endommagea au tout début de ses opérations, puis il entra en collision avec un autre navire en entrant au port.

mardi 2 mars 2010

Le 1st Canadian Special Wireless Group

Par Pierre Vennat
Texte inédit

Raymond Cadieux (voir sur ce site l'article intitulé Histoire militaire: Nos signaleurs en Australie) n’était évidemment pas le seul signaleur canadien envoyé en Australie en 1945 pour transmettre les messages des troupes alliées dans le Pacifique et intercepter les messages des Japonais.
Ni même le seul francophone.

En fait, le 1st Canadian Special Wireless Group comptait 253 officiers, sous-officiers et hommes de troupe, commandés par le lieutenant-colonel Henry Douglas Windeat Wethey et comptait quelque vingt à vingt-cinq francophones.