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samedi 28 mai 2011

Yvon Robert : champion mondial de lutte et sergent des Fusiliers Mont-Royal

Par Pierre Vennat
Texte inédit

Automne 1942 : au lendemain du raid sanglant de Dieppe le 19 août, des centaines de membres des Fusiliers Mont-Royal croupissent comme prisonniers de guerre en Allemagne et en Pologne. Ceux-ci ont besoin de tout : des vêtements pour pallier aux uniformes souvent déchirés et inutilisables qu’ils portaient lors du raid, des cigarettes, des vivres non périssables pour compléter le régime de famine des camps de prisonniers, des livres ou revues à caractère non politique que leurs gardiens laisseraient passer, des jeux de société, etc.

Les Dames auxiliaires du régiment, épouses ou amies d’officiers pour la plupart, ne suffisaient plus à la tâche. Sans compter qu’elles devaient souvent également aider les familles de ces prisonniers à tenir le coup avant le retour du papa, du fils ou du frère, qui surviendra seulement trois ans plus tard.

C’est dans ce contexte que le commandant du 2e bataillon des Fusiliers Mont-Royal, celui qui, à Montréal, visait à entraîner les troupes de renfort qui iraient renforcer ceux qui prendraient la relève des gars de Dieppe et participeraient éventuellement à la campagne de Normandie, puis de Hollande deux ans plus tard, le lieutenant-colonel Arthur Guindon, imagina un projet d’envergure, visant à procurer des fonds au régiment pour qu’il puisse s’occuper de toutes ces œuvres.

À l’automne 1942, Montréal ne comptait pas beaucoup de vedettes, capables d’attirer les foules. Il y avait bien Gratien Gélinas et son personnage de Fridolin, mais dans le domaine sportif, le Canadien de Montréal faisait encore piètre figure, Maurice Richard, qui faisait cette année là ses débuts avec le grand club, n’ayant pas encore atteint le statut de vedette qu’il devait atteindre l’année suivante.

C’est alors que Guindon décida de rencontrer la grande vedette de l’heure, le lutteur Yvon Robert, alors « champion mondial » de la lutte professionnelle, laquelle à l’époque et jusque dans les années 60, remplissait les gradins du Forum.

Yvon Robert, né à Verdun le 8 octobre 1914, avait alors 28 ans. Surnommé Le Lion du Canada français et considéré par le magazine Ring, la bible américaine de la boxe et de la lutte, comme figurant parmi les douze plus grands lutteurs de tous les temps, fut alors soumis par Guindon à un chantage amical.

Celui-ci réussit en effet à l’enrôler dans les Fusiliers Mont-Royal en lui accordant immédiatement le grade de sergent. Puis, avec l’aide de Paul L’Anglais, alors très engagé dans le domaine du spectacle et qui, après la guerre, devait lui aussi commander les Fusiliers Mont-Royal en tant que lieutenant-colonel, il forma un comité avec le promoteur de lutte Eddie Quinn, pourtant citoyen américain, à qui il donna à lui aussi le grade de sergent.

Quinn était arrivé à Montréal en 1939. Il était le gérant de plusieurs lutteurs. Entre autres d’Yvon Robert mais aussi, par la suite, d’une autre populaire vedette de la lutte montréalaise, Édouard Carpentier. Pendant une très longue période, Eddie Quinn devint le matachmaker du Forum de Montréal. De 1939 jusqu’au début des années 1960, il présenta plusieurs centaines de programmes à Montréal et aux États-Unis, faisant de lui une des figures sportives les mieux connus de la métropole.

Sans compter que Quinn était aussi propriétaire du célèbre cabaret El Morocco, situé alors tout près du Forum, dont le gérant fut longtemps l’ancien joueur de hockey des Red Wings de Détroit, Jimmy Orlando, l’amant de la pulpeuse strip-teaseuse Lili St-Cyr. Celle-ci, après ses spectacles au Gayety situé un peu plus bas sur Sainte-Catherine (là où loge aujourd’hui le Théâtre du Nouveau-Monde) allait le rejoindre au El Morroco.

C’est donc toute une faune que Guindon, en nommant Robert et Quinn sergents, réussit à recruter.

Le 5 novembre 1942, Yvon Robert revêtait son uniforme des Fusiliers Mont-Royal pour la première fois, afin d’accueillir à Montréal l’ancien et toujours fort populaire champion du monde à la boxe Jack Dempsey, lui-même lieutenant dans la Garde côtière américaine. (US Coast Guard).

Yvon Robert sr.

Quelques jours plus tard, quelque 1 000 hommes du régiment, fanfare en tête, et des milliers d’autres Montréalais, assistèrent à un premier match de lutte où le « sergent » Yvon Robert, des Fusiliers Mont-Royal, défendit avec succès son titre.

À la suite de ce premier succès, on organisa une autre soirée de lutte au Forum, le 22 janvier 1943, au profit de l’Aide aux soldats des Fusiliers Mont-Royal. Soirée à laquelle les médias montréalais du temps accordèrent beaucoup d’importance, puisque deux « soldats-lutteurs » s’affrontaient : le champion mondial Yvon Robert, « sergent de réserve » dans les Fusiliers Mont-Royal et l’ancien champion Joe Cox, qui lui servait comme caporal dans l’armée américaine. En prime, on avait fait venir comme arbitre un autre ancien champion mondial, à la boxe celui-là, Jack Sharkey.

Encore une fois, des centaines de soldats des Fusiliers Mont-Royal et des autres régiments de la métropole assistèrent au combat, que remporta évidemment Robert, sans compter des milliers d’amateurs de lutte de la métropole. Le spectacle était agrémenté de la fanfare des Fusiliers, sous la direction du capitaine J.M. Goulet, tandis que l’aumônier des Fusiliers lors du raid de Dieppe, le major Armand Sabourin, miraculeusement sorti indemne de la fournaise, prononçait une allocution pour remercier la foule.

Cette soirée et la précédente permirent aux dames auxiliaires de ramasser quelques milliers de dollars pour leur permettre de remplir adéquatement leur rôle auprès des prisonniers du régiment et leurs familles.

Quant aux « sergents » Quinn et Robert, les archives régimentaires des Fusiliers Mont-Royal ne contiennent plus rien par la suite sur leur carrière « militaire », mais les médias continuèrent pendant des années de parler d’eux dans les pages sportives. Robert fut une des premières grandes vedettes de la lutte lorsque la télévision fit ses débuts à la télévision dans les années 50.


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samedi 21 mai 2011

Appel à tous. Mise sur pied d'une délégation visant à commémorer le 70e anniversaire du raid de Dieppe en 2012

Par Guy Bordeleau

Le 19 août 2012 auront lieu en Haute-Normandie en France les cérémonies de commémoration du 70e anniversaire du raid de Dieppe.

Petit rappel historique, le 19 août 1942 se déroulait la première tentative de débarquement des troupes alliées sur le sol français pour affronter l’occupant nazi dont la tyrannie s’étendait sur toute l’Europe. La majorité des troupes qui prirent part à ce raid étaient d’origine canadienne dont celles des Fusiliers Mont-Royal.

Malgré le cuisant échec de ce raid, qui s’est soldé par la mort de 913 hommes et 1 874 prisonniers canadiens, les citoyens de la ville de Dieppe demeurent aujourd’hui immensément reconnaissants du sacrifice que ces hommes ont consenti à la cause de la liberté.

Pourquoi faire appel aux citoyens du Québec pour participer à cet anniversaire? Tout simplement parce que, invariablement année après année, très peu d’entre-nous se présentent en Europe à ce genre d’évènement et que ce sera sans doute pour nous la dernière occasion de souligner dignement cette période tragique de la Seconde Guerre mondiale.

La mise sur pied d’une délégation dans lequel se trouve les Fusiliers Mont-Royal, la Légion Royale Canadienne, les associations dédiées à la jeunesse et des groupes de jeunes des niveaux secondaire, collégial et universitaire serait aussi une première au Québec .

Il faut saisir l’occasion pour ne pas oublier.

Ce projet rassembleur démontre qu’il est possible d’apprendre notre histoire de façon dynamique en regroupant des gens de différents horizons et générations.

Pouvons-nous réunir à Dieppe, les 18, 19 et 20 août 2012, une forte délégation en provenance du Québec? La réponse est OUI ! Il ne faut qu’une volonté ferme de votre part pour que ce projet devienne réalité.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez prendre contact par courriel avec monsieur Guy Bordeleau à l’adresse suivante: guy.bordeleau@uqtr.ca ou encore venez en discuter sur notre forum : LIEN


« Ce qu’il faut pour vaincre » Affiche de propagande de la Seconde Guerre mondiale mettant en vedette le lieutenant-colonel Dollard Ménard

samedi 14 mai 2011

Fridolinons ’42 : la voix du peuple (1)

Par Robert Aird
Texte inédit

Les Fridolinades 1942 coïncident avec le tricentenaire de la ville de Montréal. Or, le gouvernement fédéral a usé du prétexte de la guerre pour empêcher les célébrations officielles, tout en autorisant l’Exposition annuelle de Toronto. Fridolin lui verse donc le premier prix de justice et celui de la paresse va aux députés fédéraux de Montréal « pour avoir si bien défendu nos intérêts à Ottawa en ce qui a trait au Tricentenaire. » Le ministère de la Propagande se mérite quant à lui le premier prix de mathématiques.

Fridolin fait donc un pied de nez à Bytown en trouvant une façon bien à lui de célébrer les 300 ans de Montréal en intitulant sa nouvelle revue « Le tricentenaire de Rire ». Il réécrit l’histoire de Montréal, fondé cette fois-ci par une troupe de comédiens. Utiliser l’histoire en humour entraîne forcément l’anachronisme[1], ce qui donne l’occasion pour les comédiens de recourir abondamment à la transposition[2] et la bissociation[3] comme procédés comiques. Il est donc plutôt cocasse de voir ces Amérindiens parler de surtaxe sur les peaux et d’offrir des certificats d’épargne[4]. Toutefois, la charge vient des fondateurs qui veulent persuader les autochtones « d’être fondés ». On chante avec beaucoup d’ironie :

Moi ce que j’aim’ pas, c’est la manière
Que vous avez de fair’ la guerre
Avec vos flèches trop aiguisées
Vous risquez d’vous égratigner.

Vous frappez à coups d’tomahawks
Et vous scalpez à tour de bras
Mais admettez qu’c’est inhumain
De vous servir de tels engins.

La civilisation va nous changer tout ça.

À l’av’nir quand vous vous battrez
Vous serez bien mieux outillés
Vous aurez des mitrailleus’s Bren
Qui tueront les gens par centaines.

Et des canons à longue portée
Qui à dix milles f’ront tout r’voler
Et des avions d’bombardement
Qui mettront l’feu à vos camp’ments.

Et puis si vous trouvez que c’est pas suffisant
Vous aurez en plus d’ça les gaz asphyxiants.

Et c’est de cette manière qu’enfin vous vous battrez
Quand vous aurez l’bonheur d’être civilisés.

           
Malgré cette triste civilisation, il reste qu’au final, il y a peut-être de quoi célébrer. Ces nouvelles fridolinades font parler les gens du peuple : « Les misérables ou la journée d’un perron de porte. » Derrière l’exagération, la dérision et la déformation, il est possible de mesurer le pouls de la population, de connaître ses opinions sur les aléas du quotidien. La revue de 1942 révèle que la guerre a finalement profité au peuple canadien. La guerre sonne momentanément le glas du chômage, de la misère occasionnée par la crise économique des années trente. Et c’est sans compter que les années antérieures à la crise n’étaient pas non plus l’eldorado pour les masses populaires. Les Canadiens français semblent enfin sortis de la noirceur et ils veulent profiter de cette lumière avant qu’elle ne s’éteigne à nouveau. On retrouve l’ouvrier Jos qui se permet d’arriver en retard au travail ( « Tu sais bien qu’ils ont trop besoin d’hommes dans les munitions pour te  "clearer" »), sa femme qui le pousse à demander une hausse de salaire même s’il trouve la paye adéquate ( « Voyons, Jos : ça fait depuis 1918 qu’on attend notre chance : on va-t-y la manquer? » ). Sa femme, Phonsine, insiste : « Laisse faire; on a assez mangé de coups sur le museau : pour une fois qu’on a le bon bout du bâton dans les mains, fessons! »

Ces misérables se permettent de chercher à obtenir les services d’une domestique, de mettre de la mayonnaise dans les sandwichs (« De la mayonnaise? Paraît que vous vous privez de rien! »), d’avoir un compte chez le « grocer », , d’avoir le téléphone, de changer de radio et d’acheter de nouveaux meubles, etc. Pour éviter l’endettement des ménages, le gouvernement oblige de payer 10% comptant sur les achats. Cette soudaine « richesse » annonce la société de consommation qui permettra la conversion de l’industrie de guerre à l’industrie civile après 1945. Après avoir vécu la privation, ces « misérables » souhaitent que la guerre perdure encore quelques années (leurs vœux seront exaucés) et préfèrent ne pas penser à sa fin : « Certain : allons pas casser notre fun en regardant trop loin! » Seulement, le rationnement commence déjà à freiner cette hausse de la consommation. Phonsine songe acheter une nouvelle brassière :

phonsine
Pensez-vous? D’après moi, y a pas grand danger qu’ils rationnent ça aussi pour la défense nationale.

la voisine
C’est encore drôle! Savez-vous qu’avec une brassière de votre « size », ils ont de quoi faire deux vrais beaux parachutes ? »


La guerre fait donc partie des conversations quotidiennes entre voisins. Pour la suite, nous verrons aussi que les Canadiens français jasent de l’actualité sans censure et que la guerre bouleverse les relations traditionnelles entre l’homme et la femme.
  

Notes

[1] Pensons simplement aux aventures d’Astérix ou de Lucky Luke, à l’émission Kaamelot ou plus près de nous, aux capsules du « patrimoine » de Rock et Belles oreilles.
[2] Luc Boily, auteur humoriste et professeur à l’École national de l’humour, nous donne cette définition de la transposition : « Implanter un élément dans un environnement autre que celui auquel on l’associe habituellement. »
[3] Toujours ce cher Luc qui cette fois nous donne la définition de la bissociation : « Associer deux univers qui, à priori, n’ont aucun rapport ensemble, pour en créer un troisième. »
[4] « Les obligations d'épargne du Canada, qu'on peut acheter par plan de retenue sur les salaires, ont une valeur nominale de 100 $ à 10 000 $. Leur essor date du succès rencontré pendant la Deuxième Guerre mondiale par la campagne de levée de fonds destinés à l'effort de guerre : plutôt que les investisseurs traditionnels, ce furent les simples citoyens et mêmes les écoliers qui achetèrent les obligations de la Victoire, les Certificats d'épargne de guerre et des timbres. » Source.

Guy d’Artois et son système téléphonique clandestin. Les soldats de l’ombre (4)

Pierre Vennat
Texte inédit

Le capitaine Guy d’Artois était si discret qu’il fallait insister pour qu’il raconte ses exploits. Et encore, il n’a jamais dit un mot sur les escarmouches et les combats qu’il a menés ainsi que sur les privations et les dangers qu’il a courus avec une poignée de braves dont certains furent tués. Il ne parla même pas lui-même de sa femme, la lieutenant-parachutiste Sonia Butt, dont on parlera dans une autre chronique.

Guy d’Artois quitta l’Angleterre en mai 1944 avec quatre de ses camarades pour être parachuté au-dessus du département de Saône-et-Loire avec pour mission d’unifier les divers éléments du maquis et de les former en un mouvement véritablement efficace et de saper les communications terrestres, par eau et par fil de l’ennemi.

Première surprise : « Si tous les Français, du moins la majorité, visaient à la libération du pays, tous n’employaient pas les mêmes moyens et n’obéissaient pas aux mêmes chefs. Nous avions donc plusieurs catégories de partisans qui tous arboraient le titre de maquisards, mais qui n’avaient pas, du moins à mon sens, droit au même degré », raconta-t-il plus tard.

« La première faction, les Miliciens, étant entièrement favorable aux Allemands, non contente de ne pas nous aider, recourait souvent à la délation pour se débarrasser de nous. Le second groupe, les G.M.R. (Groupes Militaires de Réserve), créés par le gouvernement de Vichy qui travaillaient quelques fois avec nous, quelques fois aussi avec les Allemands. Nous avions aussi les F.T.P.F (Francs-Tireurs et Partisans Français), le S.O.L. (Service d’Ordre des Légionnaires), et nombre de groupes isolés, qui voulaient tous l’unité des maquisards, mais à la condition que le commandement leur revienne. Il s’agissait donc de réunir ces divers éléments et de former une armée, sinon unie, c’était presque impensable, du moins travaillant en étroite collaboration ».

Guy d’Artois en prit son parti et se jeta à corps perdu dans l’organisation. Il la divisa, comme toute armée, en plusieurs section et divisions.

D’abord les combattants. Ceux-ci, au nombre de 3 000, furent divisés en sections de 1 000 hommes chacune, avec leurs officiers, sous-officiers et soldats. Ces combattants étaient munis de plusieurs véhicules, de dynamite et munitions en quantité. Puis il se dota d’un service de renseignement. Pour ce travail, il employa de préférence des femmes qui y excellaient. Il en employa une cinquantaine qui déployèrent une activité telle que les Allemands ne pouvaient bouger sans que lui et ses troupes en fussent prévenus.

Peu à peu les coups de main devinrent de plus en plus nombreux et audacieux et les troupes de d’Artois dominèrent littéralement la région. À plusieurs reprises, des forces ennemies furent envoyées pour les déloger, mais sans succès. D’autant que le pays, très accidenté, ne permettait pas aux Allemands d’y employer des chars d’assaut. De plus, l’ennemi ne pouvait y déployer son artillerie.
         
Le groupe fit également sauter des ponts et des chemins de fer.  En août 1944, par exemple, on détruisit une locomotive et fit prisonnier l’équipage d’un train qui avait été chargé de libérer la voie. La carcasse de la locomotive bloqua la voie et empêcha tout déplacement des Allemands par rail jusqu’à l’arrivée des Alliés dans la région, le 17 septembre.

Le principal exploit de Guy d’Artois fut cependant de réussir à créer son propre réseau téléphonique. Pour maintenir leurs lignes téléphoniques et télégraphiques, les Allemands employaient le service français des P.T.T. (Postes, Téléphone et Télégraphe). Bien que surveillés par un inspecteur allemand, ces Français prévenaient d’Artois qu’un fil était réparé à tel endroit et aussitôt les maquisards en coupaient un autre tout près. Le jeu dura jusqu’à ce que les Allemands abandonnent la partie et n’utilisent que la radio pour communiquer entre eux. 

Mais les Allemands ne désiraient pas laisser les communications aux mains des maquisards et chaque jour ils allaient s’assurer que celles-ci n’avaient pas été rétablies. D’Artois trouva la solution : il laissa traîner des fils sur le sol mais raccorda le courant sous terre. On s’empara alors de standards (« switchboards ») lors de quelques coups de mains et on les établit dans les bois, les caves, les greniers et les cuisines. Le réseau fonctionna ensuite sur 700 kilomètres en employant le nom de municipalités québécoises, ce qui fait que les Allemands ne réussirent jamais à trouver leur localisation.

« Une inspection du bureau du S.O.E. à Londres révéla qu’à un certain moment, mon réseau de téléphone était le seul qui fonctionnait en France », déclara-t-il plus tard.

Guy d’Artois devait être décoré de l’Ordre du Service Distingué (D.S.O.) et de la Croix de guerre française avec palme.