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vendredi 28 janvier 2011

Les soldats de l’ombre (première partie)

Pierre Vennat
Texte inédit

Les quelques militaires canadiens présents sur le sol de France lors de la fin de la « Drôle de guerre » la quittèrent à la mi-juin 1940, lorsque l’armée française décida de capituler.

Il fallut attendre en août 1942 pour qu’un assaut fut tenté à Dieppe au cours duquel plus de 4 000 des nôtres débarquèrent à nouveau sur le sol français. Après l’échec de ce raid, ce n’est que le 6 juin 1944 qu’une division canadienne mit le pied sur le sol français.

Mais certains militaires canadiens-français avaient commencé à lutter en France bien avant le Jour J. Envoyés là-bas plusieurs mois avant le jour de l’invasion pour servir en qualité d’instructeurs et d’aviseurs militaires auprès de la Résistance, ils étaient pratiquement tous descendus en parachute, de nuit, dans diverses parties de la France.

Le prix payé donne une idée des dangers encourus par ces hommes. En effet, des quelque 60 à 70 Canadiens qui ont volontairement accepté cette mission, seulement 18 auraient survécu. La plupart, sinon tous, ont été décorés par la France reconnaissante de la Croix de Guerre avec palme et de la Médaille de la Résistance.

Au cours des prochaines semaines, nous allons publier le portrait de quelques-uns d’entre eux, sous le titre Les Soldats de l’ombre. Ce dernier coiffait le chapitre que je leur ai consacré, en 1998, dans le troisième tome de mes Héros oubliés, publié aux Éditions du Méridien. Ce sont ces textes, résumés et enrichis de quelques nouvelles données qui formeront l’essentiel de ces chroniques.

Comment devient-on un agent secret?

« En étant un peu fou, parce que c’est un moyen très sûr de se suicider» a répondu Lucien Dumais, un des plus connus d’entre eux,  à un journaliste de La Presse en 1991.

Quant à Gabriel Chartrand, lui aussi un héros de l’ombre et frère du coloré syndicaliste Michel Chartrand, « dans l’armée, quand on veut vous envoyer quelque part, il vaut mieux dire oui parce que, par la suite, si vous dites non, ils peuvent vous envoyer dans un endroit pire encore ».

Le major Paul-E. Labelle


 J’ai eu le privilège, il y a une vingtaine d’années, de voyager en Normandie aux côtés du major Paul-Émile Labelle, un des survivants de ces parachutistes survivants d’actions derrière les lignes.

Jeune lieutenant du Régiment de Maisonneuve, Labelle avait rejoint ce régiment en Angleterre en septembre 1942 mais, peu après, on le transféra au Royal 22e Régiment. En 1943, il participa avec ce régiment à toutes les batailles importantes de la campagne d’Italie.

Puis, en avril 1944, on l’envoya en Afrique du Nord où on le prépara à une mission extrêmement  périlleuse alors que, promu capitaine entre-temps, on le parachuta dans le Vaucluse. Seul Canadien dans ce secteur, Labelle avait été nommé commandant adjoint de l’état-major départemental des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) de la région et représentant des gouvernements américain et britannique auprès de la Résistance française.

Chef de mission, il dirigea trois officiers français, instructeurs en méthodes de stratégies et préparation des armes et organisa des équipes de combat en petits groupes destinés à harceler l’ennemi sans répit et de mille manières et ce, dans toute la région de Vaucluse. Conseiller militaire, Labelle devait adresser lui-même les demandes d’armes et de munitions à Alger qui les expédiait par avion, souvent quatre ou cinq appareils à la fois.

Après la libération de la France, Labelle fut promu major, le 20 août 1944,  et reçut l’ordre de l’armée française, avec la citation suivante : « Officier supérieur de valeur exceptionnelle. Parachuté en territoire occupé par l’ennemi comme membre d’une mission interalliée, a pris immédiatement par sa bravoure, son sang-froid et son énergie, un ascendant considérable sur les hommes. S’est particulièrement distingué au cours des combats du 8 au 31 août 1944, où, combattant dans les rangs du maquis du Ventoux, il a puissamment contribué à briser une forte attaque allemande dans la région du Sault-Javon. Depuis le 20 août, a assuré dans des conditions particulièrement difficiles la liaison avec les forces alliées, faisant sans cesse l’admiration de tous par son calme et son courage.  »

En plus de ses décorations françaises, le major Labelle reçut la Croix Militaire (Military Cross) de la part des autorités britanniques et canadiennes.

vendredi 21 janvier 2011

Une galerie d’images pour le premier anniversaire du blogue

Par Frédéric Smith

Nouveauté sur le blogue, une galerie d’images permet désormais de recenser par thèmes les images publiées à travers ses divers articles. Un lien vers cette galerie, hébergée sur le site de partage Flickr, est maintenant disponible dans le menu situé à la gauche du blogue.

Cette galerie pourra être bonifiée par l’ajout d’images libres de droits, en lien avec notre thématique. L’administration du blogue « Québec et la Seconde Guerre mondiale » profite d’ailleurs de l’occasion pour faire appel à la contribution de ses lecteurs.

Vous souhaitez partager des photographies de votre collection personnelle? Vous êtes un vétéran ou faites partie de la famille d’un vétéran maintenant décédé et souhaitez partager vos souvenirs photographiques de cette terrible guerre? Un album pourra être créé dans notre galerie en hommage à ce vétéran, ou les images pourront être simplement insérées dans les sous-albums thématiques avec les mentions appropriées.

Contactez-nous par courriel à svincent16@hotmail.com et il nous fera plaisir d’entrer en contact avec vous et d’établir les conditions de diffusion avec lesquelles vous serez confortables, en tout respect des dispositions prévues à la Loi sur les droits d’auteurs.

Rappelons que ce blogue demeure ouvert aux contributions des historiens amateurs et professionnels, ainsi qu’à celle des vétérans qui souhaiteraient partager leurs souvenirs et réflexions par l’écrit.

vendredi 14 janvier 2011

Le Québec et les guerres mondiales. Petit à petit, l’histoire militaire du Québec sort de l’ombre

Pierre Vennat
Texte inédit

Fondé sur une initiative personnelle de l’auteur et enseignant Sébastien Vincent, le blogue « Le Québec et la Seconde Guerre mondiale » a fait son entrée sur la grande toile voilà un an, le 11 janvier 2010, dans le but de « servir de pôle de rassemblement à tous ceux qui de près ou de loin, ajoutent leur petite pierre à l’édification de l’histoire militaire du Québec francophone et pourquoi pas de toute la francophonie canadienne ».

Sa création naissait d’un constat : depuis la disparition de la Chaire Hector-Fabre d’histoire de l’Université du Québec à Montréal en décembre 2008, rares étaient les lieux de diffusion de l’histoire militaire québécoise.

Dans sa première année d’existence, le site s’est donné pour mandat de promouvoir, dans une perspective pluridisciplinaire, l’histoire sociale, culturelle, politique et militaire du Québec pendant la Seconde Guerre mondiale auprès du grand public, des étudiants et du milieu de l’enseignement. Sa vocation : informer les lecteurs de plus en plus nombreux et curieux d’en apprendre davantage sur une époque moins connue de l’histoire du Québec.   

Avons-nous atteint notre objectif, compte tenu des faibles moyens qui sont les nôtres? Difficile de se faire juge de soi. Loin de nous cependant l’idée de prétendre que nous sommes les seuls à favoriser l’éclosion de l’histoire militaire du Québec francophone!

Chose certaine, un an après sa création le site repose toujours sur l’initiative personnelle, le bénévolat et surtout le sens du partage de ceux qui y prêtent leur plume, soit plus d’une dizaine de collaborateurs réguliers ou occasionnels. Tous ont permis d’« ajouter leur petite pierre » à l’édifice de la connaissance de cette période de notre histoire.

Plus de 88 textes, souvent inédits, ont été publiés. Ceux-ci ont suscité plus de 20 commentaires. Selon les statistiques en date du 11 janvier 2011, le site a reçu plus de 10 125 visites depuis le 18 avril dernier.

Deux ajouts devraient marquer cette seconde année d’existence.

Premièrement, le site publiera bientôt des textes abordant la Première Guerre mondiale dont on commémorera en 2014 le 100e anniversaire, tout en poursuivant la diffusion de textes sur la Seconde Guerre mondiale, notamment une série sur les « Soldats de l’ombre », ces militaires canadiens-français qui ont servi derrière les lignes ennemies comme agents secrets entre 1939 et 1945.

Afin d’illustrer l’élargissement progressif de son propos, le site sera bientôt rebaptisé « Le Québec et les guerres mondiales ».
         
Deuxièmement, le site s’enrichira sous peu d’une galerie de photographies que les visiteurs pourront consulter tout en étant invités à l’enrichir à partir de leur propre collection.

Les rubriques « Parutions récentes » et « Ressources internet » continueront d’informer les lecteurs des nouveaux ouvrages parus en histoire militaire et de les aiguiller vers des sites pertinents.

Nous invitons tous ceux qui, en plus des collaborateurs ayant déjà contribué, veulent se joindre à nous à communiquer avec Sébastien Vincent ou Frédéric Smith.

Nous invitons également les lecteurs à commenter les différents textes.

Entre-temps, nous encourageons tous ceux qui le désirent à explorer ces conflits. Plus nombreux nous serons à faire connaître l’histoire militaire du Québec, mieux cela sera!