Le blogue change d'adresse!

Vous serez automatiquement redirigé vers la nouvelle adresse. Dans la cas contraire, visitez le
http://www.lequebecetlesguerres.org
et mettez à jour vos favoris.

vendredi 29 octobre 2010

Pourquoi pas un programme pour permettre aux familles de vétérans de visiter les champs de bataille où leurs parents se sont battus?

Par Pierre Vennat
  
Cet éditorial reprend, avec quelques ajouts, un texte publié au printemps 2003 dans The Fragment, magazine de l’Association des amputés de guerre du Canada et du National Council of Veterans Association. Plus de sept ans plus tard, il est toujours d’actualité, Anciens Combattants Canada n’ayant pas bougé dans ce dossier.

*****

2002 marquait le 60e anniversaire du raid meurtrier de Dieppe où mon père, le lieutenant André Vennat, s’est fait tuer. 2002 marquait également le 85e anniversaire de la bataille de Vimy et des terribles combats de 1917, lors de la Première Guerre mondiale, alors que mon oncle, l’aspirant Jean Vennat, frère aîné de mon père, est également tombé au champ d’honneur.

Je suis un privilégié. Parce que je suis journaliste et historien militaire, j’ai pu assister en août 2002 aux commémorations du 60e anniversaire du raid de Dieppe, invité par le ministère des Anciens combattants. Mais je n’ai pas pu, cette année là, visiter la tombe de mon père : premier des officiers des Fusiliers Mont-Royal à trouver la mort dans ce raid qui vira au massacre pour nos troupes, il est tombé dans sa barge de débarquement, sans jamais, en fait, pouvoir poser les pieds sur le sol de France. Et son corps fut rapatrié en Angleterre où il fut inhumé au cimetière militaire de Brookwood.

En 1997, toujours à titre de journaliste-historien, j’avais pu, lors du pèlerinage du 55e anniversaire du raid, me rendre à Brookwood et me pencher sur la tombe de mon père. Mais en 2002, vu les compressions budgétaires m’a-t-on dit, le ministère a dû annuler la visite en Angleterre. Compliqué, quand on a un père né à Montréal, au Québec, tué sur les côtes de France lors d’un raid de commando, mais inhumé en Angleterre.

Mais je ne me plains pas. Je me considère même privilégié puisque trois fois (1982, 1997 et 2002), le gouvernement canadien m’a amené à Dieppe (une autre fois, en 1992, ce furent les autorités françaises du Département du Calvados, conjointement avec le Mémorial de Caen). Et que dans deux de ces voyages, on m’amena à Brookwood.

Par ailleurs, j’ai, par deux fois, pu me rendre où a combattu mon oncle Jean près de Vimy, Arras, Lille et la Flandre, en 1912. La première fois, en 1997, avec la délégation qui célébrait le 80e anniversaire de la bataille de Vimy et la deuxième, trois ans plus tard, en l’an 2000, alors qu’une délégation canadienne alla chercher la dépouille du Soldat inconnu, parmi les centaines de morts canadiens non identifiés reposant dans les cimetières des environs. Mais je n’ai jamais pu voir la tombe de mon oncle. À chacun des voyages, la délégation canadienne avait un programme chargé rempli de cérémonies officielles, auxquelles je devais assister et rendre compte. On m’aurait sans doute permis de me rendre dans le petit village où mon oncle est enterré, à moins d’une centaine de kilomètres du monument canadien de Vimy, mais, m’a-t-on expliqué, j’aurais dû y aller par moi-même, en taxi. Cela m’aurait coûté une petite fortune uniquement pour rendre quelques minutes dans un cimetière.

À lire, toutefois, que j’ai pu par deux fois me rendre à Vimy et par trois fois à Dieppe, on pourrait croire que je bénéficie de on ne sait trop quel patronage politique puisqu’il y a des centaines, sinon des milliers de fils ou petits-fils de vétérans, et à plus forte raison de neveux, qui n’ont jamais pu et ne pourront jamais se faire payer pareil voyage par l’État, que leur père, grand-père ou oncle soit tombé au champ d’honneur ou pas.

Je ne jouis d’aucun traitement de faveur. Je ne dis pas que le fait d’être orphelin de guerre m’ait nui. Je dis que si on m’a amené sur les champs de bataille, aux frais du gouvernement fédéral, c’est parce que j’étais  non seulement un historien militaire mais surtout attaché à un grand quotidien de langue française de Montréal (La Presse) et que je traite abondamment de ces commémorations et des sacrifices des vétérans dans les colonnes de mon journal.

La preuve en est que bien que d’autres journalistes, francophones, tout comme anglophones, ont, au cours des ans, bénéficié de telles largesses. Le fait que j’aie été, depuis 20 ans, celui qui a participé au plus de commémorations (j’ai été également deux fois commémorer l’anniversaire du débarquement de juin 1944, celui du 50e de la libération de la Hollande, et j’ai eu la chance de visiter l’Asie (Chine, Birmanie, Malaisie, Hawaï, Japon et Guam) pour commémorer le 50e anniversaire de la victoire sur les Japonais, en 1995), est dû non au fait que je sois orphelin de guerre, mais à celui que je suis un journaliste-historien qui, par ses livres, ses articles, ses émissions radiophoniques et télévisées, s’était, à ce moment là, le plus intéressé au passé militaire du Canada français au 20e siècle.

En un mot, le ministère des Anciens combattants n’invite pas d’orphelins ni de veuves de guerre à ces commémorations. Je suis un heureux hasard et une exception.  Mais je m’inquiète pour les autres.

vendredi 22 octobre 2010

Dictionnaire de la France Libre et La Seconde Guerre mondiale en caricatures

Par Sébastien Vincent

Dictionnaire de la France Libre, sous la direction de François Broche, de Georges Caïtucoli et de Jean-François Muracciole, Paris, Bouquins, 2010, 1602 p. 

Plus de 70 ans après le célèbre Appel du 18 juin, ce Dictionnaire de la France Libre retrace « une histoire collective faite, comme la Résistance intérieure, de la conjonction de destins assumés et nourrie d’initiatives individuelles», selon la formule de Jean-Louis Crémieux-Brilhac. La France Libre fut une véritable aventure, à la fois connue et méconnue.

Les multiples facettes, moments et singularités du mouvement sont pour la première fois rassemblés dans ce monumental dictionnaire historique, thématique, biographique et « mémoriel » qui compte plus de 1350 entrées. Plus de 136 spécialistes de neuf nationalités, témoins et chercheurs de renom, ont participé au projet publié sous l'égide de la Fondation de la France Libre, avec le concours de l'Union des blessés de la face et de la tête (UBFT), la Fondation « Les Gueules cassées », la Fondation Bettencours-Schueller, la Fédération nationale André-Maginot des anciens combattants et victimes de guerre, la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du ministère de la Défense (DMPA).

Une bibliographie succincte, mais bien choisie, accompagne chaque notice. Les entrées traitent notamment de l’histoire du mouvement et présentent des biographies de personnages clés, comme Jean Moulin ou Pierre Brossolette, la vie intérieure de la France Libre, entre autres au niveau du recrutement, du financement, des dissidences internes, de sa perception par les vichystes, les giraudistes, les Allemands, les Anglo-Saxons et les Italiens  ainsi que  l'insertion du mouvement dans l’histoire des idées politiques. D'autres notices présentent des polémiques d’après-guerre et la place qu'occupe la France Libre dans la mémoire nationale, dans les manuels scolaires, la littérature, le cinéma et les musées. 

Un article traite spécifiquement du mouvement au Canada. Il y est question de l'appel du 1er août 1940 lancé aux Canadiens français. Cet appel cherchait, entre autres, à rallier au mouvement la plus importante communauté francophone hors de France. Mais les résultats se firent attendre puisque jusqu'en 1941 au moins, la France Libre « eut à souffrir au Canada d'une relative indifférence ». Survint ensuite une lente période de reconnaissance, grâce notamment aux actions d'Élisabeth de Miribel, représentante de Charles de Gaulle au Canada, et de celles du diplomate Gabriel Bonneau, à compter de 1943. Moins d'une année plus tard, le général, devenu président du Gouvernement provisoire, fit un voyage triomphal au Canada. En bibliographie de cette brève entrée, on retrouve notamment l'ouvrage d'Éric Amyot, Le Québec entre Pétain et de Gaulle. Vichy, la France Libre et les Canadiens français (Fides, 1999).



Les auteurs
Georges Caïtucoli est vice-président de la Fondation de la France libre, François Broche est directeur d’Espoir, la revue de la Fondation Charles-de-Gaulle, et  Jean-François Muracciole, est professeur d’histoire contemporaine à l’université Paul-Valéry de Montpellier.





Mark Bryant, La Seconde Guerre mondiale en caricatures, préface de Wiaz, traduit de l'anglais par Christian Séruzier, Paris, Hugo et Cie, 2009, 160 p. 

Propagande éhontée, humour ravageur, violence du trait... rien n'échappe aux crayons acérés des dessinateurs. Et c'est toute l'histoire de la Seconde Guerre mondiale qui défile, depuis l'ascension du nazisme jusqu'aux liesses de la Libération. 

Plus de 350 caricatures des années 1939-1945, en noir et blanc et en couleurs, sélectionnées parmi 5000 dessins! Issues des journaux, des affiches ou des camps de prisonniers, elles nous font autant partager le point de vue des Alliés que celui des forces de l'Axe. 

Un livre aussi passionnant que divertissant! Une façon originale d'aborder le conflit.

À lire aussi, l'article de l'historien Robert Aird publié sur ce site traitant spécifiquement de la caricature au Québec pendant le conflit


L'auteur
Mark Bryant est docteur en histoire et spécialiste des caricatures.

vendredi 15 octobre 2010

Nouveautés sur le blogue

Par Sébastien Vincent

Ce site existe depuis le 11 janvier 2010 et compte à ce jour plus de 75 textes rédigés par divers collaborateurs.

Depuis le 18 avril dernier, plus de 6100 visites ont été enregistrées et plus de 15 700 pages ont été consultées.

L'automne apportera quelques nouveautés.

*****

Nouvelle parution : une rubrique aux horizons élargis

Au cours des prochaines semaines, une attention particulière sera portée aux livres traitant de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, toutes frontières confondues. Jusqu'à maintenant, le site s'était concentré uniquement sur les ouvrages ayant un lien étroit avec le Québec, le Canada et la guerre 39-45.  Il continuera évidemment de suivre l'activité éditoriale locale.

Cet élargissement des horizons aux ouvrages publiés par des éditeurs européens de langue française a pour objectif de mieux répondre aux critères de recherche formulés par plusieurs lecteurs avides d'ouvrages en lien avec l'histoire de la Seconde Guerre mondiale.

Ainsi, la rubrique Nouvelle parution présentera et commentera plus spécifiquement certains ouvrages publiés en français par des éditeurs québécois et européens.

Cette rubrique est rendue possible grâce à la collaboration de plusieurs éditeurs québécois et européens.


*****

Rubrique Ressources internet

Cette nouvelle rubrique présentera des sites internet en lien avec la thématique.


*****

Une bibliographie

Une page est maintenant consacrée à une bibliographie accessible à partir du menu situé à gauche de l'écran.

Cette bibliographie sera régulièrement mise à jour. 

Elle porte sur le Québec, le Canada et la Seconde Guerre mondiale.

Certains titres possèdent un hyperlien qui mène soit vers une recension publiée par l'un de nos collaborateurs ou vers la page de l'éditeur.

Les lecteurs sont invités à proposer des titres en écrivant à Sébastien Vincent (svincent16@hotmail.com).


*****

D'ici quelques semaines, de nouvelles rubriques s'ajouteront, sans oublier les articles de fond de nos collaborateurs. 

Bon automne et bonne lecture!





vendredi 8 octobre 2010

Les Emprunts de la Victoire (Victory Bonds)

Par Sébastien Vincent

L'économie canadienne durant les années de guerre était très différente de celle d'aujourd'hui. Le pays sortait tout juste d'une très grave crise économique lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté, et l'effort de guerre a exigé un extraordinaire volume de ressources.

Une bonne partie de la population avait intégré les Forces armées, et les femmes entraient en grand nombre sur le marché du travail. Il y avait un contrôle des changes, un contrôle des prix et des salaires, et de nombreux produits étaient rationnés. Les Canadiens gagnaient plus d'argent que jamais, mais avaient peu d'occasions de le dépenser, la production étant axée essentiellement sur l'effort de guerre et non sur la satisfaction des besoins des consommateurs.

L'économie a donc dégagé beaucoup d'épargne dans le secteur des ménages, épargne qui pouvait servir à financer les emprunts du secteur public. Ces facteurs économiques se combinant à la ferveur patriotique associée à l'effort de guerre, il n'est pas difficile de voir pourquoi le gouvernement n'a pas eu beaucoup de mal à mobiliser se procurer des fonds auprès de la population.

En 1942, la dette publique nette du gouvernement fédéral était inférieure à quatre milliards de dollars et représentait moins de 40 % du PIB. Cependant, en 1944, les déficits annuels atteignaient 2,5 milliards de dollars, ce qui voulait dire que la dette nette progressait chaque année d'un montant égal à 20 % du PIB. En 1946, la dette nette représentait donc environ 100 % du PIB, mais, en 1952, elle avait été ramenée à 40 %, soit à peu près au niveau d'avant-guerre. (source


Je fabrique des bombes et j'achète des obligations.
Achetez des Obligations de la Victoire.
vers 1941
lithographie offset sur papier vélin
artiste inconnu
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada, Acc. No. 1983-30-384



« Qu'ils ne leur touchent pas! »
Affiche produite dans le cadre de la deuxième campagne d'emprunts de la victoire
janvier 1941
estampe photomécanique
artiste inconnu
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada, no d'acc 1983-30-208


Faites votre part
Affiche produite dans le cadre de la deuxième campagne d'emprunts de la victoire
janvier 1941
lithographie couleurs
artiste inconnu
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada, Acc. No. 1983-30-388

Ouvrez les yeux
Affiche produite dans le cadre de la deuxième campagne d'emprunts de la victoire
janvier 1941
lithographie
artiste: Gordon K. Odell
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada, Acc. No. 1983-30-381
 
 
Leur avenir dépend de vous
Affiche produite dans le cadre de la deuxième campagne d'emprunts de la victoire
janvier 1941
lithographie
artiste inconnu
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada, Acc. No. 1983-30-379


Du 15 juin 1941 au 1er novembre 1945, on lance successivement neuf emprunts de la Victoire qui rapportent près de 12 milliards de dollars, dont 52 p. 100 sont achetés par des entreprises, le reste des obligations étant acquises par des particuliers.



You've Got a Date with a Blond - Bond
Affiche produite dans le cadre de la cinquième campagne d'emprunts de la victoioctobre-novembre 1943
1943
lithographie
artiste: Gordon K. Odell
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada, no d'acc 1983-30-1221



Hâtons son retour!

Affiche produite dans le cadre de la cinquième campagne d'emprunts de la victoire
octobre-novembre 1943
1943
lithographie
artiste: W. Book
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada, Acc. No. 1983-30-341



Eux aussi achètent des Obligations de la Victoire
vers 1943
lithographie
artiste inconnu
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada, no d'acc 1983-30-343

Pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale, les dépenses et les déficits du gouvernement fédéral ont pris des proportions sans précédent. Jusqu'alors, on s'était toujours tourné vers l'étranger pour les gros emprunts, pensant que l'épargne engendrée dans l'économie canadienne ne suffirait pas à répondre aux besoins.

Or, les émissions d'obligations de la Victoire se sont révélées étonnamment populaires et lucratives, permettant de mobiliser deux milliards de dollars durant la Première Guerre mondiale et neuf milliards de dollars durant la Seconde. En fait, on s'est procuré bien plus d'argent au Canada qu'à l'étranger pour financer l'effort de guerre. Certains se demandent donc pourquoi on ne pourrait aujourd’hui avoir recours à un genre d'obligations de la Victoire pour rapatrier une partie de la dette détenue par des non-résidents

Pour répondre à cette question, il importe de tenir compte de plusieurs facteurs. À l'époque des obligations de la Victoire, les marchés des capitaux du Canada étaient très primitifs par rapport à ceux d’aujourd'hui. Il était difficile de mobiliser des fonds, mais il était aussi difficile pour les Canadiens d'épargner, plutôt que de simplement amasser de l'argent.

Par exemple, bien moins de gens qu’aujourd’hui avaient alors un compte en banque. Les obligations de la Victoire et les certificats et timbres d'épargne de guerre ont donc fourni aux Canadiens un mécanisme sûr et pratique de bâtir régulièrement leur épargne.


Achetez des obligations de la victoire
Affiche produite dans le cadre de la sixième campagne d'emprunts de la victoire
avril 1944
lithographie
artiste: Archibald Bruce Stapleton (1910-?)
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada, Acc. No. 1983-30-360


Achetons des obligations de la victoire
Affiche produite dans le cadre de la sixième campagne d'emprunts de la victoire
avril 1944
lithographie
artiste: Ron White
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada, Acc. No. 1983-30-359


Deux êtres...une pensée
Affiche produite dans le cadre de la sixième campagne d'emprunts de la victoire
avril 1944
lithographie couleurs
artiste: Pryne
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada, Acc. No. 1983-30-367

Votre vendeur d'Obligations de la Victoire a cette lettre
Affiche produite dans le cadre de la septième campagne d'emprunts de la victoire
16 octobre-11 novembre 1944
1944
lithographie
artiste inconnu
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada, Acc. No. 1983-30-396


Visons haut / Aim High
Affiche produite dans le cadre de la septième campagne d'emprunts de la victoire
16 octobre-11 novembre 1944
1944
lithographie
artiste inconnu
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada, Acc. No. 1983-30-352


L'attente! : Achetez des Obligations de la Victoire
Affiche produite dans le cadre de la huitième campagne d'emprunts de la victoire
1945
lithographie
artiste: Ron White
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada, No. 1983-30-1193


Songez à vos obligations
Affiche produite dans le cadre de la huitième campagne d'emprunts de la victoire
avril 1945
lithographie
artiste inconnu
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada, Acc. No. 1983-30-419


Lectures recommandées

Geneviève Auger et Raymonde Lamothe, De la poêle à frire à la ligne de feu. La vie quotidienne des Québécoises pendant la guerre '39-'45, Montréal, Boréal Express, 1981.

Don Gilmour, Achille Michaud, Pierre Turgeon, Le Canada: une histoire populaire de la Confédération à nos jours, Saint-Laurent, Fides, 2001.

J.L. Granatstein et Desmond Morton, A Nation Forged in Fire : Canadians and the Second World War 1939-1945, Toronto, Lester & Orpen Dennys, 1989.

J.L. Granatstein, Canada's War: the Politics of Mackenzie King Government 1939-1945, Toronto, Oxford University Press, 1975.


vendredi 1 octobre 2010

Francophones dans les unités anglophones

Par Pierre Vennat
Texte inédit

Au début de mars 1942, le député de Témiscouata à la Chambre des Communes à Ottawa, Jean-François Pouliot, avait souligné que, lors du départ pour outre-mer d’un régiment de Windsor (Ontario), 35 % des effectifs étaient francophones alors que la population canadienne-française des trois circonscriptions entourant la ville de l’automobile n’était que de 18 %.

Pouliot avait réclamé du ministère de la Défense qu’il divulgue les nombre de francophones servant dans les unités anglophones. Outre les Royal Rifles of Canada, basés dans la Vieille capitale et considérés comme une unité bilingue avec environ 40 % de Canadiens français dans ses rang et qui devait être à Hong Kong la première unité engagée dans la bataille contre l’ennemi, en l’occurrence les Japonais, les services de l’information de l’armée établissaient ainsi,à l’été 1942, la proportion de Canadiens français servant alors dans des régiments anglophones outre-mer était de :
  • 20 % environ dans le Royal Montreal Regiment;
  • 25 % dans les Victoria Rifles;
  • 10 % dans les Grenadiers Guards;
  • 20 % dans les Black Watch;
  • 50 % dans les Fusiliers de Sherbrooke qui, fusionnés avec le Sherbrooke Regiment constituaient dans les faits une unité bilingue;
  • 50 % dans les unités médicales et 40% dans l’intendance.
De même, les unités mobilisées du district militaire du Nouveau-Brunswick comptaient en moyenne 50 % de Canadiens français dans leurs effectifs.

Il y avait même un régiment du Nouveau-Brunswick, le North Shore Regiment, alors en service outre-mer, qu’on avait placé sous le commandement d’un officier acadien, le lieutenant-colonel J.-A. Léger.

Enfin, on trouvait une forte proportion de canadiens français dans les unités du district militaire de Winnipeg ainsi que dans celles de la région d’Ottawa.