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samedi 30 janvier 2010

Brigadier général Guy Gauvreau D.S.O.

Par Pierre Vennat

Je travaille présentement sur une biographie du brigadier général Guy Gauvreau, commandant des Fusiliers Mont-Royal. J’espère la compléter en 2011 et la voir publiée en 2012. En attendant, on pourra lire plus bas le texte que j’ai rédigé sur lui sur le site régimentaire des Fusiliers Mont-Royal.


Ancien commandant du régiment puis colonel honoraire, Guy Gauvreau fut une personnalité de premier plan autant dans le monde des affaires que comme militaire.

Promu commandant du régiment à l’âge de 27 ans seulement, Guy Gauvreau, diplômé du Mont-Saint-Louis, avait ensuite obtenu un baccalauréat en commerce de l’Université McGill puis un diplôme de l’American Management Association de New York. Sa carrière militaire avait débuté au Mont-Saint-Louis, où il avait été commandant adjoint du corps de cadet et s’était mérité, en 1935, la médaille de la Fondation Stratchcona pour le meilleur cadet et la médaille d’or de l’institution pour la culture physique.

Dès 1935, il s’était joint aux Fusiliers Mont-Royal comme sous-lieutenant et à la déclaration de la guerre, en 1939, il s’enrôla volontairement dans le bataillon d’active. Il suivit le régiment en Islande, puis en Angleterre, pour se voir, en 1941, nommé à l’état-major de la 2e division canadienne puis, l’année suivante, être nommé aide-de-camp du maréchal Montgomery.

Son père, J-Roméo Gauvreau, était un ingénieur et industriel bien connu à Montréal à l’époque, d’autant plus qu’il était directeur et vice-président du club de baseball les Royaux de Montréal, club ferme des Dodgers de Brooklyn, qui évoluait dans la Ligue internationale et qui jouait au stade Delorimier. Guy Gauvreau avait lui-même servi de secrétaire au même club avant le début de la Deuxième Guerre mondiale. Gauvreau père accepta, dès 1941, de servir de lieutenant-colonel honoraire des Fusiliers Mont-Royal, fonction qu’il occupa pendant dix ans.

Promu brigadier général en Normandie en 1944, Gauvreau a été grièvement blessé en sautant sur une mine à l’automne 1944. Après la guerre, il a repris du service en tant que commandant d’une brigade de milice. Promu colonel honoraire en 1961, Guy Gauvreau s’est mérité plusieurs décorations dont l’Ordre du service distingué (D.S.O.) et la Légion d’honneur française.

Dans la vie civile d’après-guerre, Gauvreau fut d’abord adjoint à l’exécutif de la Montreal Tramway Company avant qu’on la transforme en organisme public, puis il fut en charge de l'organisation d'un plan de défense civile pour Montréal en raison de son expérience dans le domaine militaire, avant de devenir chargé des relations extérieures puis vice-président de la Brasserie Dow. De là, il devint président et directeur de la Commission de transport de Montréal (CTM).

Quittant la CTM, il accepta successivement les postes de président de la Fondation de l’Hôpital Saint-Justine, celui de consul général d’Islande à Montréal, président-fondateur de la Place Bonaventure et président de la Société de gestion Concordia, où il s’affaira dans la gestion de construction de nombreux édifices d’importance d’un bout à l’autre du Canada.

Le principal projet de Guy Gauvreau comme colonel honoraire du régiment était de voir à ce que le régiment puisse avoir en mains une histoire régimentaire à présenter à ses membres et au public en général à l’occasion du centenaire du régiment, en 1969. Pendant quarante ans, cet ouvrage, intitulé Cent ans d’histoire d’un régiment canadien-français : les Fusiliers Mont-Royal 1869-1969, paru aux Éditions du jour constitua l’unique version de l'histoire régimentaire des Fusiliers Mont-Royal.

mercredi 27 janvier 2010

14e Colloque d’histoire militaire les 4 et 5 mars 2010 au Collège militaire royal du Canada (Kingston, Ontario)

Nos remerciements vont à Jean Lamarre, responsable du colloque et professeur au département d’histoire du Collège militaire royal du Canada (Kingston, Ontario), pour nous avoir transmis le programme.

Programme

La guerre catalyseur de changements sociaux

Jeudi 4 mars 2010

13 h 15 : Mots de bienvenue

13 h 30-15 h 00 : Conférence d’ouverture de Jacques Portes (professeur, Université Paris-VIII, spécialiste de l’Amérique du Nord et de la guerre du Vietnam) : La guerre comme catalyseur de changements sociaux.

Auteur de nombreuses publications dont : Barack Obama, Paris, Payot, 2008. Lyndon Johnson: un paradoxe américain, Paris, Payot, 2007. Fascination and Misgivings. The United States in French Opinion, 1870-1914. Traduit par Elborg Forster, New York, Cambridge University Press, 2000. Une fascination réticente. Les États-Unis dans l'opinion française, 1870-1914, Nancy, PUN, 1990. Les Américains et la guerre du Vietnam, Bruxelles, Complexe, 1993.

15 h 00-15 h 15 : Pause café


15 h 15-16 h 45 : Guerres et changements culturels

Président de séance : C.P.Courtois (CMR, Saint-Jean)

Chantal Savoie (professeure agrégée, département des littératures, Université Laval) : « La Deuxième Guerre mondiale et la musique populaire : processus et transitions à l’œuvre ».

Marie-Frédérique Desbiens (Professionnelle de recherche, Université Laval) : « Avènement et développement du roman populaire en fascicules au Québec ».

Gwenn Scheppler (Post-doctorant, CRILCQ, Université Laval) : «La campagne d’éducation civique de l’office national du Film pendant la Seconde Guerre mondiale ».

18 h 00 : Vin d’honneur

18 h 30 : Souper au Mess des officiers.


Vendredi 5 mars 2010

9 h 00-10 h 30 : Guerres et changements sociaux

Président de séance : À venir

Pierrick Labbé (Doctorant, département d’histoire, Université d’Ottawa) : « La Deuxième Guerre mondiale et la transformation de la politique canadienne d’habitation ».

Mourad Djebabla (post-doctorant et chargé de cours, département d’histoire, Université McGill) : « La Première Guerre mondiale et la prise en compte des enfants comme acteurs à part entière de la société canadienne ».

Mélanie Morin-Pelletier (doctorante, département d’histoire, Université d’Ottawa) : « La contribution des infirmières vétérans de la Grande guerre au développement des réseaux socio sanitaires canadiens ».

10 h 30-10 h 45 : Pause café


10 h 45-12 h 15 : Guerres et transformations internationales

Président de séance : Marc Imbeault (CMR, Saint-Jean)

Settoul Elyamine (doctorant, IEP, Paris) : « Guerres et perceptions des minorités ethniques en occident ».

Frédéric Cyr (Doctorant, Université de Montréal) : « La Première Guerre mondiale et son impact sur la pensée de Paul Lévi en Allemagne »

Jean-François Pernot (Professeur, Université Cergy-Pontoise, France, conseiller au centre d’études stratégiques aerospatiales de l’école militaire à Paris) : « L’aviateur d’après-guerre : un nouveau venu dans la société »

12 h 15 : Mot de clôture : Professeur Jean Lamarre (Histoire, CMR)


Renseignements

Inscription obligatoire :

50$ pour tous (incluant pauses café et souper au Mess le jeudi soir), payable par chèque (à l’ordre du Mess des officiers) au plus tard le lundi 1 mars 2010.

20$ (excluant le souper au Mess) pour étudiant seulement. (50$ si l’étudiant veut aussi le souper)

Hôtel avec chambres pré-réservées :

Confederation Place Hotel, 237 Ontario Street, Kingston (888-825-4656)

96 $ la chambre (2 personnes), précisez tarif colloque RMC

Veuillez réserver vous-même la chambre.

Navettes: Un service de navette (stations de train-bus, hôtel et CMR) sera assuré par des étudiants du CMR. Veuillez faire vos demandes à Mme Moffatt : denise.moffatt@rmc.ca ou 613-541-6000 #6607


Partenaires

Consulat général de France, Toronto.

GIHRIC (Groupe interuniversitaire pour l’histoire des relations internationales contemporaines)


Responsable du colloque :

Jean Lamarre, professeur, département d’histoire, CMR

Co-organisateurs :

Magali Deleuze, professeure agrégée, département d’histoire, CMR (deleuze-m@rmc.ca )

Roch Legault, professeur agrégé et directeur du département d’histoire, CMR (legault-r@rmc.ca )

Jessica F-Bélanger, élève officier (4e année), CMR (s24559@rmc.ca )

Adresse : (envoi et renseignements) :

Département d’histoire, Colloque d’histoire militaire,
Collège militaire royal du Canada
CP 17000, Succursale Force
Kingston (Ontario) CANADA
K7K 7B4
Tél. secrétariat (Mme Denise Moffatt) : 613-541-6000 #6607
télécopieur : 613-536-4801



lundi 25 janvier 2010

L’histoire militaire au Québec (1994-2009) : les rencontres scientifiques

Par Mourad Djebabla
Texte inédit

Si le fait militaire est indissociable de l’histoire du Québec, les études en histoire militaire demeurent toujours l’enfant pauvre de l’historiographie québécoise en français. Que ce soit à propos des deux guerres mondiales par exemple, deux événements majeurs dans l’histoire du XXe siècle, peu de travaux ont été effectués de la part d’historiens québécois francophones. La plupart des ouvrages dont nous disposons à ce sujet sont en anglais et n’accordent pas une attention spécifique aux Canadiens français/Québécois.

samedi 23 janvier 2010

Général Jacques Dextraze (1919-1993)

Par Pierre Vennat

Jacques Dextraze s’est enrôlé à l’âge de 20 ans comme simple soldat avec les Fusiliers Mont-Royal au début de la Deuxième Guerre mondiale. À 25 ans, il en était déjà le commandant, avec le grade de lieutenant-colonel. Et dire qu’à sa première tentative pour devenir officier, en 1941, les recruteurs l’avaient refusé pour « manque de leadership ». 

Après la Deuxième Guerre mondiale, Dextraze commanda en Corée, puis au Congo avant de gravir tous les échelons et terminer sa carrière militaire comme général et chef d’état-major de toutes les Forces armées canadiennes. Il est le second Canadien français, après Jean Victor Allard, à avoir détenu cette haute fonction. Revenu dans le civil, il dirigea pendant quelques années les destinées du Canadien national (CN).

Voici le résumé de sa biographie que j’ai rédigé pour le site internet des Fusiliers Mont-Royal.


Ce ne sont pas tous les régiments qui peuvent se vanter que l’un des leurs a grimpé tous les échelons de la hiérarchie militaire pour terminer sa carrière général et chef d’État-major de toutes les Forces armées canadiennes.

Né à Montréal, en 1919, enrôlé dans les Fusiliers Mont-Royal en 1939, Dextraze fut promu lieutenant-colonel au front, en 1944, à la succession de Paul Sauvé, à l’âge de 25 ans seulement. Combattant intrépide, Dextraze avait terminé la guerre décoré deux fois de l’Ordre du Service distingué (D.S.O.).

Dextraze, surnommé JADEX par ses camarades, aurait pu alors demeurer dans l’armée active, mais il aurait dû accepter d’être rétrogradé au grade de capitaine. « Si on m’avait offert le grade de major, j’aurais accepté, j’étais assez jeune, mais comme capitaine sans ancienneté… ». Il rejoignit donc la société civile, et accepta un emploi avec la compagnie Singer Manufacturing. Il se rendit dans un chantier de bûcherons, devint chef de chantier avant d’être nommé directeur des opérations forestières pour la compagnie peu de temps plus tard. Il fut aussi directeur de la Thurso and Nation Valley Railroad et alla suivre des cours en administration des affaires à l’Université de Columbia.

En 1950, Dextraze réintégra les rangs de l’armée et accepta le commandement d’un bataillon canadien-français destiné à combattre en Corée. Il posa toutefois ses conditions : être renommé lieutenant-colonel, sans avoir perdu d’ancienneté, au sein du Royal 22e Régiment. Rendu en Corée en 1951, il affronta seul avec son bataillon, pendant quatre jours, l’assaut de 2 000 Nord-Coréens et Chinois, puis revient au pays en décembre 1951 avec le titre d’officier de l’Ordre de l’Empire britannique (O.B.E.). On l’envoya ensuite au Collège d’état-major de l’armée et il fut promu colonel et remplit divers postes dans la hiérarchie jusqu’en février 1962, alors qu’il fut promu au grade de brigadier général et nommé commandant du secteur militaire de l’Est du Québec.

En décembre 1963, on le nomma chef d’état-major des forces de l’O.N.U. au Congo. C’était la première fois que ce poste était confié à un Canadien. Il y commanda, en février 1964, des opérations de sauvetages qui lui vaudront, par la suite, le titre de commandeur du Très Excellent Ordre de l’Empire britannique (C.B.E.). La décoration lui fut décernée pour bravoure, ce qui explique que sur celle-ci sont superposées deux feuilles de chêne croisées.

Le général Dextraze était le seul détenteur de cette décoration au pays. La citation soulignait l’esprit d’organisation et de leadership du général Dextraze qui « insuffla à tous les membres de la Force son enthousiasme ardent, et qui en grande partie est responsable de l’efficacité générale et du succès des opérations de sauvetage ».

De retour au pays, il fut promu major-général en 1967 puis lieutenant-général et chef du personnel des Forces armées canadiennes en décembre 1970. À l’automne de 1972, promu général, il devenait chef d’état-major de la défense, poste qu’il occupa jusqu’en 1977. Puis, retraité de l’armée, il fut président du conseil des Chemins de fer nationaux du Canada. Outre les décorations déjà citées, il était chevalier de l’Ordre Très Vénérable de l’Hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem, Ordre et chevalier de l’Ordre militaire et hospitalier de Saint-Lazare de Jérusalem et enfin chevalier de l’Ordre souverain et militaire de Malte.

Au moment de prendre sa retraite de l’armée pour assumer la présidence du conseil d’administration du Canadien national, le général Dextraze avait déclaré que l’exploit auquel il tenait le plus était d’avoir réussi à faire des Forces armées canadiennes une « société » entièrement bilingue, expliquant que « c’est un objectif que je m’étais fixé et je crois sincèrement que je l’ai atteint. Et c’est ainsi l’exploit dont je m’enorgueillis le plus. Le Canadien français se sent désormais bien chez lui dans l’armée. Il a le même droit aux promotions que son compagnon anglophone ».

Lors de son décès, on rappela qu’en entrevue, il avait déjà déclaré : « Moi, je n’ai pas besoin de l’Armée pour avoir trois repas par jour. Moi, je suis là-dedans parce que j’aime cela ». Mais, ajoutait-on, ce goût de la bagarre, apparemment héréditaire, qui lui avait permis de devenir lieutenant-colonel à 24 ans seulement, lui avait amené bien des chagrins puisqu’un de ses fils, Richard-Paul, l’avait précédé dans la tombe de près d’un quart de siècle. Trouvant la vie trop tranquille ici et dans l’armée de son père, Richard-Paul Dextraze s’était engagé dans l’armée américaine et était mort au Vietnam, en 1969, à l’âge de 21 ans.

Pour en connaître davantage sur Jacques Dextraze, voir Jacques Dextraze et la passion de commander (1944-1973) de Yves Tremblay dans Le leadership militaire canadien-français. Continuite, Efficacite, et Loyauté, (sous la direction de Roch Legault, Les Presses de l’Académie canadienne de la défense et Dundern Press, 1997).



Brigadier général Dollard Ménard (1913-1997)

Par Pierre Vennat

En 2004, j’ai publié, aux éditions Art Global, sous le titre Général Dollard Ménard, de Dieppe au référendum, une biographie du brigadier général Dollard Ménard, le héros de Dieppe, personnage controversé puisqu’il fut le seul général canadien-français à se prononcer pour le oui lors du référendum de 1980 sur la souveraineté du Québec, ce qui lui valut bien des ennuis.

Voici le résumé de sa biographie que j’ai rédigé pour le site internet des Fusiliers Mont-Royal.




Ce ne sont pas les héros qui manquent dans l’histoire plus que centenaire des Fusiliers Mont-Royal. Mais peu d’entre eux ont frappé autant l’imagination, ont été aussi spectaculaires, médiatisés et controversés que le brigadier général Dollard Ménard, celui qui, dans l’histoire québécoise, est maintenant connu comme le héros de Dieppe.

Natif de Québec, Dollard Ménard avait choisi le métier des armes à temps plein durant la période entre les deux guerres. Il était diplômé du Collège militaire Royal de Kingston et un des rares officiers d’active francophone lors du déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, l’armée régulière ne comptant alors que 4 000 hommes en tout et partout.

Lieutenant du Royal 22e Régiment, Ménard avait été envoyé dès 1936 dans ce qui s’appelait alors l’empire des Indes et avait servi, et fait le coup de feu, dans ce qui constitue aujourd’hui l’Inde, le Pakistan et même l’Afghanistan, bien avant le début officiel de la Deuxième Guerre mondiale.

Dès le déclenchement des hostilités, Ménard se mit en frais de revenir au pays, traversant toute l’Asie, via le Japon, Singapour pour aboutir à Hong Kong, où il servit avec la Royal Navy avant de revenir au Canada puis être envoyé en Angleterre où, au début de 1942, alors le plus jeune lieutenant-colonel du Commonwealth, on lui confia le commandement des Fusiliers Mont-Royal avec comme mission de transformer le régiment en véritable unité de commandos.

Quelques mois plus tard, il mena ses troupes au combat lors du raid sanglant de Dieppe. Blessé cinq fois, il fut ramené miraculeusement en Angleterre, grâce au courage de certains de ses hommes. Rapatrié au pays, décoré, on le fit parader à travers le pays comme héros, pour mousser le recrutement. Son portrait fut reproduit alors sur de grands posters et on invitait les jeunes Canadiens à le venger.


Scène du raid sur Dieppe (19 août 1942)
© nd Auteur: inconnu. Commanditaire: Canada Wide. Référence: Canada Wide.

À peine rétabli de ses blessures, on lui confia le commandement du Régiment de Hull au sein d’une brigade canadienne chargée de reconquérir l’île de Kiska, dans le Pacifique, des mains des Japonais.

Malheureusement, il dut être hospitalisé à nouveau au moment même où débutait la campagne de Normandie et on ne lui confia plus de commandement sur le champ de bataille.

À la fin des hostilités, promu colonel, on le nomma d’abord attaché militaire à Paris, puis chef d’état-major des forces de l’ONU chargé de surveiller la trêve entre l’Inde et le Pakistan au Cachemire. Rentré au pays, il occupa divers commandements avant d’être promu brigadier général et commandant du secteur militaire de l’Est du Québec.

Mis à la retraite, Ménard occupa certains postes dans l’entreprise privée, mais fit encore parler de lui lorsqu’en 1980, il fut le seul ex-officier supérieur à se prononcer en faveur de la souveraineté-association, ce qui lui valut bien des ennuis. Malgré tous ses démêlés, il se vit accorder en 1992 la médaille Bene Merenti de Patria puis l’année suivante il fut intronisé grand officier de l’Ordre national du Québec.

Décédé en 1997, ses funérailles eurent lieu au manège de la rue des Pins et cinq ans après a mort, en 2002, la ville de Dieppe décida de nommer en son nom le passage menant à la plage où lui et ses troupes avaient combattu, soixante ans plus tôt.

Outre l’Ordre national du Québec et l’Ordre du service distingué, le général Ménard était titulaire entre autres de la Décoration canadienne (C.D.), de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre française, de deux médailles pour avoir servi dans les années 1930 dans l’Armée des Indes, de la décoration de l’O.N.U. pour service de la paix et de diverses médailles canadiennes de service.

En 2005, malgré l’opposition du reste de la famille, son fils Charles mit ses médailles en vente à l’encan. Grâce à l’aide financière d’un philanthrope Ivonis Mazzalo et de quelques membres de la famille régimentaire, les Fusiliers Mont-Royal purent mettre la main sur cette précieuse collection qui se trouve maintenant exposée en permanence au musée régimentaire de l’avenue des Pins.



jeudi 21 janvier 2010

Mandat et appel aux collaborateurs. Le site Le Québec et la Seconde Guerre mondiale: un lieu de rassemblement, de partage et de diffusion d’un pan de l’histoire militaire spécifiquement québécoise

Par Sébastien Vincent

 
Depuis la cessation des activités de la Chaire Hector-Fabre d’histoire du Québec (UQAM) en décembre 2008, dont un des axes de recherches portait sur les Canadiens français/Québécois face aux guerres, on compte malheureusement un lieu de rassemblement de moins pour les chercheurs de tous horizons, qu’ils soient universitaires ou évoluant en périphérie. C’est aussi un espace de moins d’échange, de diffusion et de partage d'informations sur l'historiographie militaire écrite au Québec, par des Québécois.
Il incombe de poursuivre les avancées réalisées au cours des quinze dernières années par les différents intervenants concernés par la question comme la Direction Histoire et patrimoine de la Défense du Canada avec ses historiens tels Serge Bernier et Yves Tremblay. Ce dernier tient depuis longtemps une intéressante chronique d'histoire militaire dans le Bulletin d’histoire politique qui fait état de l’historiographie et des différentes activités scientifiques en lien avec l’histoire militaire canadienne .
Dans une perspective de continuité, j’ai créé ce site qui se veut un complément aux différentes instances et initiatives déjà en place.

 
  
Mandat du site
Le mandat du site, tel que je le propose, consiste notamment à :
promouvoir, dans une perspective pluridisciplinaire, l’histoire sociale, culturelle, politique et militaire du Québec pendant la Seconde Guerre mondiale auprès du grand public, des étudiants, des milieux d’enseignement et de recherche;
• contribuer aux échanges entre étudiants, chercheurs et intervenants de tous les horizons dans un cadre de collaboration et d’ouverture;
• permettre à des étudiants et des diplômés de 2e et de 3e cycle de bénéficier d’un espace pour faire connaître leurs travaux;
• continuer la mise en valeur de la participation militaire des Canadiens français au conflit, en Asie, en Italie ou en Europe de l’Ouest, considérant que la participation de plus de 130 000 volontaires ayant combattu outre-mer dans l’armée de terre (infanterie et artillerie), l’aviation et la marine doit demeurer un objet d’étude;
• favoriser la diffusion de l’historiographie en accordant une place importante aux ouvrages publiés par des maisons québécoises;
• permettre la diffusion d’archives militaires (correspondances, mémoires, etc.) que des anciens combattants québécois ou d’ailleurs au Canada français, leurs descendants ou des orphelins de guerre, ces grands oubliés, accepteront de partager. Ce type de documents est fort rare au Québec, comparativement à la France et au monde anglo-saxon;
promouvoir, sur une base non partisane, des activités publiques en lien avec la thématique du site (colloques, expositions, etc.). 
Le site ambitionne d’emprunter de nombreuses voies dont:
l’histoire sociale, culturelle, politique et militaire du Québec durant le conflit, au front comme à l’arrière;  
• l’histoire de la participation militaire des Canadiens français, au Canada et sur les différents théâtres d’opérations;
• l’histoire régimentaire d’unités francophones;
• la rédaction de biographies de militaires canadiens-français s’étant illustrés;  
• la mise en ligne de témoignages;
• la muséologie militaire en sol québécois;  
la recension d’ouvrages qui font avancer l’historiographie.

 

Appel aux collaborateurs
Le site aspire à « servir de pôle de rassemblement à tous ceux qui, de près ou de loin, ajoutent leur petite pierre à l’édification de l’histoire militaire des Québécois francophones et pourquoi pas de toute la francophonie canadienne », écrit Pierre Vennat dans un éditorial. « Il est faux de dire, poursuit Vennat, que l’on n’a pas de passé militaire. Il est aussi faux de croire que ce passé n’a pas commencé pas â être fouillé, raconté. Mais il est vrai que trop souvent les chercheurs travaillent en parallèle ».
Pour mener à bien le mandat que je propose comme point de départ et pour lequel il est possible d’élargir les horizons et pour couvrir les nombreuses avenues proposées, les personnes intéressées peuvent contribuer à son développement.
La collaboration peut prendre des formes variées, par exemple celle de contributions telles :
  • notes de recherches en lien, par exemple, avec un mémoire ou une thèse en cours ou déjà déposé(e
  • articles publiés et libres de droit;
  • notes de lecture sous forme de recensions ou de résumés critiques;
  • diffusion de bibliographies;
  • rédaction de courtes biographies de militaires ou de tout autre sujet en lien avec l’histoire sociale, culturelle politique et militaire du Québec durant la Seconde Guerre mondiale ;
  • diffusion non partisane d’activités en lien avec la thématique du site.  

Il est possible d’héberger des photographies.
Les personnes intéressées à contribuer au site peuvent soumettre leurs textes en format WORD (1000 mots maximum) en me contactant à l’adresse courriel suivante : svincent16@hotmail.com.

 

 

mercredi 20 janvier 2010

Les gens veulent connaître leur histoire militaire

Par Pierre Vennat
Texte inédit

Récemment, dans le Bulletin d’histoire politique et ailleurs, plusieurs historiens reconnus comme Robert Comeau, Yves Tremblay et Béatrice Richard, pour ne nommer que ceux-là, ont déploré que nos départements d’histoire aient sabré dans l’enseignement de l’histoire militaire, ne remplaçant pas les rares spécialistes de cette discipline qui partaient à la retraite et fournissant peu d’encouragement, d’outils et de possibilités de tutorat aux rares braves encore désireux d’entreprendre une maîtrise ou un doctorat dans cette discipline.

Pourtant, l’intérêt pour l’histoire militaire existe, non seulement parmi les étudiants universitaires, mais chez les plus jeunes et le public en général.

Marthe Simard, Québec et la France Libre, 1939-1945

Par Frédéric Smith
Texte inédit

Merci à Sébastien Vincent de me donner ici l’opportunité de présenter brièvement les recherches que je consacre depuis un peu plus de deux ans au mouvement de la France Libre au Québec, et plus particulièrement à Québec.

À Londres, les jours qui suivent l’Appel aux Français du 18 juin 1940 laissent présager des jours difficiles pour le mouvement naissant de la France Libre. Refusant l’armistice signé par le Maréchal Pétain, quelques résistants de la première heure rejoignent le Général de Gaulle et mesurent l’ampleur de la tâche. On trouve parmi eux la jeune Élisabeth de Miribel, celle-là même qui avait tapé à la machine l’Appel du 18 juin.

Celle-ci est envoyée au Canada en août 1940 afin d’y recueillir des fonds et des appuis pour la France Libre. Elle y découvre un pays profondément divisé. Si le Canada anglais, pressé de poursuivre le combat, penche assez naturellement en faveur de la résistance gaulliste, le Canada français n’est pas gagné à la cause. Les éléments les plus conservateurs de la province de Québec accueillent favorablement la fin de la Troisième République, jugée trop libérale et laïque, et sont séduits par le « Travail, Famille, Patrie » du Maréchal Pétain.

C’est dans ce contexte qu’Élisabeth de Miribel s’installe à Montréal. Elle est rapidement happée par les guerres intestines que se livrent les Français gaullistes de Montréal, où deux factions rivales cherchent à prendre les rênes du mouvement.

mardi 19 janvier 2010

Deux titres chez Athéna cet hiver


Par Sébastien Vincent

La maison d'édition Athéna, fondée en 2001, occupe de plus en plus de terrain en histoire militaire et en sciences politiques en proposant des ouvrages inédits en français ou d’excellentes traductions d’historiens canadiens reconnus.

Elle propose cet hiver la réédition mise à jour du classique de Desmond Morton dont la première édition en français remonte à 1992 et la traduction d'un livre important de Jeffrey A. Keshen à lire absolument, malgré le peu de place qui y occupe le Québec.

Volontaires de Yves Tremblay

Par Sébastien Vincent

Yves Tremblay est historien à la Direction Histoire et patrimoine de la Défense nationale du Canada (DHP) et tient une chronique d’histoire militaire dans le Bulletin d’histoire politique (BHP). Il a signé en 2006 un intéressant petit livre au titre pertinent : Volontaires. Des Québécois en guerre (1939-1945). Une synthèse claire et fiable, idéale pour s’initier à un sujet complexe.

lundi 18 janvier 2010

Nos signaleurs en Australie

Par Pierre Vennat
Texte inédit

Où sont les historiens du politique et du militaire se demande Béatrice Richard en éditorial du numéro d'hiver 2010 du Bulletin d’histoire politique. Elle affirme que, concrètement, les universités francophones tendent à exclure les chercheurs en histoire politique et militaire.

Elle a bien raison et c’est justement pour aider à les trouver et leur fournir une tribune que ce blogue existe.

Mais il y a plus. La majorité des braves chercheurs qui s’intéressent encore à ces disciplines s’attardent davantage au travail de nos troupes en Europe, où elles se sont couvertes de gloire qu’en Afrique et en Asie ou Océanie où un certain nombre des nôtres ont servi.

On parle peu, mais on a tout de même parlé, de la bataille de Hong Kong où un régiment québécois, le Royal Rifles, dont 40% des effectifs étaient francophones, fut complètement anéanti par les Japonais en 1941. Tous ses hommes ont été tués, grièvement blessés ou faits prisonniers, pendant près de quatre ans dans des conditions infectes. Aucun ne s’en réchappa avant Hiroshima.

Mais on ne parle pour ainsi dire jamais de ceux qui se sont battus en Birmanie, derrière les lignes. On oublie la prise de l’île de Kiska par le Régiment de Hull (d’ailleurs commandé par le héros de Dieppe, Dollard Ménard) en plein Sommet de Québec de 1943 réunissant Churchill, Roosevelt et Mackenzie King et donnant au Canada une propagande inespérée à l’époque.

Et on ignore encore davantage que plus de 250 signaleurs canadiens furent dépêchés en Australie en janvier 1945, via la Nouvelle-Guinée et ne furent rapatriés que quelques semaines après la victoire sur les Japonais à l’automne 1945. Ces hommes avaient pour but non seulement de transmettre les communications entre troupes du Commonwealth en Birmanie et celles de MacArthur chassant les Japonais d’île en île, mais encore davantage d’intercepter les messages des Japonais en s’emparant de leurs codes secrets. Leurs services ainsi rendus ont été inestimables pour la victoire alliée dans le Pacifique.

Il reste encore quelques survivants de cette expédition, dont Raymond Cadieux, un lance-caporal à l’époque, qui avait même appris le morse en japonais et qui, à 93 ans, a communiqué avec moi via un bénévole de l’hôpital des vétérans de Sainte-Anne-de-Bellevue, où il réside actuellement.

Déjà, dans les années 80, Cadieux était venu me voir à La Presse pour que je parle de lui et de son groupe qui réclamaient une reconnaissance par le gouvernement canadien. Plus d’un quart de siècle plus tard, le dossier n’est pas réglé et personne ne se soucie d’eux, en tout cas au Québec où à peu près personne ne connaît même leur existence et la mission qu’ils ont remplie.

Cadieux, comme tous ses camarades de quelque grade qu’ils soient, est victime d’une injustice. En effet, étant donné qu’il n’a pas combattu ni a été victime de bombardement, il n’a pas le droit à l’Étoile du Pacifique, réservée aux seuls combattants. Pourtant, ils sont allés à l’autre bout du monde pendant près d’un an. Et surtout, ils ont rendu la victoire alliée possible. Pour eux, cette médaille constituerait une forme de reconnaissance par le gouvernement canadien soulignant l'importance de leur rôle dans le conflit. Une question de fierté, que je considère bien légitime.


Raymond Georges Cadieux, photographié en Australie en train de déchiffrer les messages des Japonais au printemps 1945.
source: site du 1st Canadian Special Wireless Group.

proposé par Pierre Lagacé

dimanche 17 janvier 2010

Un blogue pour éviter les lignes parallèles

Par Pierre Vennat
texte inédit


Il convient de féliciter Sébastien Vincent pour avoir lancé ce blogue. Il convient surtout qu’il réussisse à servir de pôle de rassemblement à tous ceux qui, de près ou de loin, ajoutent leur petite pierre à l’édification de l’histoire militaire des Québécois francophones et pourquoi pas de toute la francophonie canadienne.

Qu’on me comprenne bien, je ne suis pas contre l’histoire militaire canadienne at large, bref je suis comme tous les passionnés d’histoire militaire désireux d’en savoir toujours plus long sur l’armée canadienne, son passé et même (via les médias) ses activités présentes, en Afghanistan, et depuis quelques jours, en Haïti. Mais les historiens militaires anglophones ne manquent pas et de plus, ils bénéficient d’une large publicité.

Et bien sûr l’histoire militaire internationale, celle des Allemands, Italiens, Russes (on disait alors Soviétiques), Américains et Britanniques, en particulier, m’intéresse au plus haut point.

Mais là où j’essaie d’être utile, c’est au niveau de l’histoire des militaires de chez nous. En fait, si l’histoire militaire, avec le récit de ses batailles, la biographie de ses grands chefs, la stratégie, etc. est nécessaire et que d’ailleurs on compte des spécialistes francophones comme Serge Bernier, Yves Tremblay et d’autres pour la faire, moi, tout comme Sébastien Vincent, c’est l’histoire des militaires qui m’intéresse : celles des hommes (et des femmes) qui l’ont écrite de leur sang, de leurs actions, dans le passé, dans le présent et qui continueront dans le futur.

Il est faux de dire que l’on n’a pas de passé militaire. Il est aussi faux de croire que ce passé n’a pas commencé pas â être fouillé, raconté. Mais il est vrai que trop souvent les chercheurs travaillent en parallèle.
Mon ex-professeur de géométrie m’avait expliqué que des lignes parallèles vont dans le même sens sans se rencontrer. Ce que ce blogue veut faire, c’est justement qu’on arrête de se doubler, que l’on sache ce que le voisin fait de son côté, que l’on s’encourage, qu’on échange.

La Chaire Hector Fabre d’histoire du Québec (UQAM) faisait cela. Chaque année, avec le concours du Collège militaire de Kingston (et son campus de Saint-Jean), avec la Direction-Histoire et patrimoine de la Défense nationale, des chercheurs multidisciplinaires (pas seulement des historiens, des sociologues, politicologues, économistes, journalistes) se réunissaient et échangeaient, établissaient des contacts. Cela a duré 15 ans.

Malheureusement la chaire n’est plus. Il n’y a pas eu ce grand colloque en 2009. Le blogue de Sébastien Vincent va au moins recréer ce réseau. Et qui sait, peut-être donnera le goût à un organisme de recréer les colloques.

En tout cas, il donnera à tous les intéressés, le goût de travailler ensemble. C’est pour ça que je m’y joins et que j’invite tous les passionnés d’histoire militaire et d’histoire des militaires à s’y joindre.

samedi 16 janvier 2010

Pourquoi rendre public des archives familiales du temps de la guerre?

Par Sébastien Vincent
Texte inédit

Les écrits d'anciens combattants emprutent à des formes littéraires variées: correspondance, carnet ou journal de guerre, souvenirs rédigés sous forme de mémoires. Peut-être en possédez-vous dans vos archives familiales. Du point de vue historique, ces écrits recèlent peut-être une grande richesse. Voici pourquoi.


Devant la disparition prochaine des derniers acteurs ayant pris part au conflit, ces écrits participent d’une sorte de mémoire collective de la vie quotidienne au front, laquelle survivra aux témoins oculaires.

Ces textes seront d'ailleurs bientôt appelés à prendre le relai de la parole vive quand on considère que l'âge moyen du vétéran de la Seconde Guerre mondiale avoisine les 90 ans, en 2010.

Pourtant, on recense peu de ces textes au Québec, comparativement à la France et au monde anglo-saxon.
Dans mon livre intitulé Ils ont écrit la guerre. La Seconde Guerre mondiale à travers des écrits de combattants canadiens-français, je tente de démontrer la valeur de tels documents.

Partant de cette idée, j’ai trié, analysé et critiqué 26 ouvrages consultables à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

Ces livres, publiés par des combattants qui ont choisi de prendre la plume pour faire oeuvre de témoignage ou par leurs descendants, s’avèrent peu nombreux quantitativement et de qualité variable.

Ils n’en constituent pas moins des « lieux de mémoire » de l’aventure collective de dizaines de milliers d’engagés volontaires ayant servi outre-mer. Ils portent un éclairage incomparable, voire irremplaçable sur l’expérience au « ras du sol » du champ de bataille en Europe et de la détention dans les camps de prisonniers en Asie.

Ils s’avèrent donc représentatifs de l’expérience des militaires tout en ajoutant détails et précisions à l’histoire militaire. Mais surtout, ils ouvrent sur l’imaginaire et les représentations de leurs auteurs. Ils offrent ainsi l’occasion de se pencher sur le complexe processus de la mise en écriture d’un vécu troublant : la guerre.

L’éventuelle et nécessaire publication de lettres, de journaux personnels et de souvenirs inédits qui demeurent peut-être cantonnés dans des archives familiales québécoises demeure évidemment à la discrétion des familles et doit se faire avec soin et méthode.

Toute nouvelle publication, tout dépendant de sa qualité, ajoutera, à sa manière, une pièce à l’histoire des militaires canadiens-français de la guerre 39-45.

Une histoire qui reste encore à être préciser, malgré les percées des dernières années.

Général Jean Victor Allard (1913-1996)

Par Sébastien Vincent
Texte inédit

Nous disions dans un précédent article, que "le pourcentage des généraux et officiers supérieurs francophones (lieutenant-colonel et plus) de l’armée de terre s’élèvait tout au plus à 8.1% au moment de la démobilisation, soit la proportion enregistrée dans la Milice avant la guerre".

Voici le portrait d'un haut gradé canadien-français.

En 1933, Jean Victor Allard devient sous-lieutenant de milice active non permanente au sein du Régiment de Trois-Rivières (le futur 12e Régiment blindé du Canada), puis il est promu capitaine.

Enrôlé volontaire en 1939, Jean V. Allard voit sa carrière militaire prendre son envol pendant la Seconde Guerre mondiale. Lorsque le Régiment de Trois-Rivières est appelé à devenir une unité blindée anglophone, il demande son transfert à l’infanterie et œuvre au Collège d'état-major de l'armée canadienne à Kingston.

Il passe en Angleterre et devient, pour quelques semaines, le commandant en second du régiment de la Chaudière en août 1943. Il succède au major Paul Garneau en tant que commandant en second du R22eR à compter du 23 août. Le régiment se trouve alors en Sicile.

Promu au grade de lieutenant-colonel, il commande le R22eR entre janvier 1944 et janvier 1945, puis la 6e brigade d'infanterie de la deuxième division du corps d’infanterie canadien en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne.

Il termine la guerre avec le grade de brigadier général, fait rare pour un Canadien français.

Il est attaché militaire à Moscou de 1945 à 1948, puis commandant de la 25e brigade d’infanterie en Corée.

Il représente le Canada lors de la signature de l'armistice mettant fin au conflit.

De 1961 à 1963, il commande la 4e division de l’Armée britannique du Rhin, accomplissement exceptionnel pour un militaire canadien, toute langue confondue. De 1966 à 1969, il devient le premier Canadien français à occuper la fonction de Chef d’état-major de la défense du Canada. À ce titre, il doit réaliser l’unification de l’armée, de l’aviation et de la marine canadiennes malgré de fortes résistances internes. Il demande la garantie que sera formé un comité d’étude sur la place des francophones dans les forces armées et que sera assurée l’égalité des chances d’avancement de ces derniers au sein de la hiérarchie militaire.

On lui doit la désignation de Bagotville comme base aérienne francophone, l’instauration d’un destroyer comme unité navale francophone et l’établissement du Collège militaire royal de Saint-Jean. Il prend sa retraite des Forces en 1969.

Pour ses faits de guerre, le général Allard a reçu l'Ordre du service distingué à trois reprises, ce qui est extrêmement rare, la Croix de guerre et la Légion d'honneur de France, le Lion de Bronze des Pays-Bas. En plus d'être compagnon de l'Ordre du Canada et commandant de l'Ordre de l’Empire britannique, il a reçu des doctorats honoris causa de cinq universités canadiennes pour services rendus dans plusieurs milieux dont le milieu universitaire.

Le nom du mont du Général-Allard (640 m) situé sur la base militaire de Valcartier dans la région de Québec et celui du manège militaire de Trois-Rivières qui accueille le 12e Régiment blindé rappellent sa mémoire.

*****
Ceux qui veulent en savoir sur le général Jean-Victor Allard peuvent lire ses Mémoires, publiées en 1985 aux Éditions de Mortagne, en collaboration avec l'historien Serge Bernier (directeur de Direction-Histoire et Patrimoine de la Défense nationale du Canada). Un bouquin de 533 pages. (Pierre Vennat)

mercredi 13 janvier 2010

De Marcel Ouimet à René Lévesque. Les correspondants de guerre canadiens-français (1939-1945) d'Aimé-Jules Bizimana

Par Sébastien Vincent

Aimé-Jules Bizimana, De Marcel Ouimet à René Lévesque. Les correspondants de guerre canadiens-français durant la Deuxième Guerre mondiale, Montréal, Vlb éditeur, coll. « Études québécoises », 2007.

Cette recension a initialement été publiée dans le Bulletin d'histoire politique, vol. 16 no 2 (hiver 2008), p. 381-385).


La radio et les journaux ont joué un rôle essentiel durant la Seconde Guerre mondiale, au Canada comme ailleurs. Pourtant, qui se souvient au Québec de Marcel Ouimet, de Jacques DesBaillets, de Gérard Arthur, de Maurice Desjardins ou de Paul Dupuis? Qui se rappelle que René Lecavalier a été annonceur en 1943 à la radio alliée en Algérie avant de devenir la voix de La Soirée du hockey? On sait peut-être que René Lévesque a couvert pour la radio l’avancée de l’Armée américaine lors des derniers mois du conflit en Europe de l’Ouest (Pierre Godin, René Lévesque. Un enfant du siècle, tome I, Montréal, Boréal, 1994, p. 117-177). Durant la Seconde Guerre mondiale, une dizaine de Canadiens français ont prêté leurs voix et risqué leur vie à titre d’annonceurs ou de correspondants de guerre, principalement à la radio d’expression française de Radio-Canada, à la BBC et à la radio alliée à Alger. Pour la radio, seule Radio-Canada a envoyé des reporters outre-mer. Maurice Desjardins, de la Presse canadienne, a été le seul correspondant de la presse écrite canadienne-française à se rendre au front à compter de septembre 1942. C’est bien peu.

Le mandat de ces reporters était de parler aux officiers responsables ainsi qu’aux soldats, de voir le champ de bataille pour ensuite informer, à l’intérieur du cadre fixé par la censure, la population restée au pays. Ils ont servi en quelque sorte « de trait d’union entre les familles et les soldats au front », écrit Aimé-Jules Bizimana. Les correspondants de guerre devaient constamment travailler en collaboration avec les services d’information de l’armée, ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils agissaient à titre de porte-parole de l’armée.

L’univers de ces journalistes entre 1939 et 1945 a peu intéressé les historiens québécois, sauf peut-être Gérard Laurence dans Hélène Eck (dir.), La guerre des ondes. Histoire des radios de langue française pendant la Deuxième Guerre mondiale, Montréal, Hurtubise HMH, 1985, p. 283-361.

Plus de vingt ans après la contribution de Laurence, Aimé-Jules Bizimana, chercheur au groupe de recherche interdisciplinaire sur la communication, l’information et la société (GRICIS) et à la Chaire Hector-Fabre d’histoire du Québec, s’est intéressé au parcours et aux conditions de travail de ces reporters et annonceurs passés aux oubliettes de l’histoire québécoise.

Guerre et censure au Canada (1939-1945) de Claude Beauregard

Claude Beauregard, Guerre et censure au Canada (1939-1945), Sillery, Septentrion, 1998.

Ce petit livre issu d'une thèse de doctorat comporte quatre chapitres portant respectivement sur:

1. La mise en place de la censure depuis la Grande Guerre, la règlementation, le Comité de coordination de la censure, etc.

2. La censure de la presse : organisation, fondements de la coopération entre la presse et la censure, les difficultés dans l'application de la censure, les relations tendues entre les censeurs et la presse, etc.

3. La censure militaire : la censure de la correspondance des troupes en Europe et au Canada, les correspondants de guerre et la censure, la propagande et la censure, etc.

4. La censure des communications personnelles et le renseignement : la réorganisation de la censure en 1942 et sa centralisation, censure postale et des communications, activités politiques des femmes et censure, considérations sur la censure des communications personnelles.

L'ouvrage comporte un index, mais malheureusement, aucune bibliographie.

Recension du livre par Houchang Hassan-Yari.

On ne saurait trop recommander la palpitante histoire des correspondants de guerre canadiens-français durant le conflit relatée dans Aimé-Jules Bizimana, De Marcel Ouimet à René Lévesque. Les correspondants de guerre canadiens-français durant la Deuxième Guerre mondiale, Montréal, Vlb éditeur, coll. « Études québécoises », 2007.

Histoire régimentaire des unités d'infanterie canadiennes-françaises ayant combattu outre-mer

Par Sébastien Vincent

Ces unités d'infanterie sont au nombre de quatre:

1. Les Fusiliers Mont-Royal
2. Le régiment de Maisonneuve
3. Le Royal 22e Régiment
4. Le régiment de la Chaudière

Chacune possède son histoire régimentaire souvent publiée à tirage restreint.

Comme le souligne à juste titre l'historien Jonathan Vance dans Mourir en héros. Mémoire et mythe de la Première Guerre mondiale, (Outremont, Athéna, 2006, p. 195-196), ces histoires non officielles s'attachent "essentiellement à la coopération, à l'unité et à la volonté de donner préséance à la cause".

Sans vouloir généraliser, elles évoquent à grands traits la coopération et l'altruisme, mais moins souvent les décisions politiques ou stratégiques. Elles remettent rarement en cause la capacité des hauts gradés à mener à bien les troupes. Les histoires régimentaires se limitent souvent à relater les faits accomplis par les membres de l'unité. Il faut donc essentiellement les considérer comme des témoignages de ce que les membres de l'unité ont accompli en situation de combat.

Voici les titres des histoires régimentaires des unités d'infanterie canadiennes-françaises ayant combattu outre-mer.

Les Fusiliers Mont-Royal

Pierre Vennat, Nunquam Retrorsum (Ne jamais reculer) Histoire des Fusiliers Mont-Royal 1869-2009, Disponible en format PDF à l'adresse suivante:
http://lesfusiliersmont-royal.com/IMG/pdf/Nunquam_Retrorsum_v4.pdf
Fusiliers Mont-Royal, Cent ans d’histoire d’un régiment canadien-français (1869-1969), Montréal, Éditions du Jour, 1971. Disponible en format PDF à l'adresse suivante:
http://lesfusiliersmont-royal.com/UserFiles/Image/Histoire/livre/Les%20Fusiliers%20Mont-Royal.pdf

Le régiment de Maisonneuve
Jacques Gouin, Bon cœur et bons bras. Histoire du Régiment de Maisonneuve (1880-1980), Montréal, Cercle des officiers de Régiment de Maisonneuve, 1980.

Le Royal 22e Régiment
Serge Bernier, Le Royal 22e régiment (1914-1999), Montréal, Art global, 1999.
Comité d’officiers du Royal 22e Régiment, Histoire du Royal 22e Régiment, Québec, Éditions du Pélican, 1964.

Le régiment de la Chaudière
JacquesCastonguay, Armand Ross et Michel Litalien, Le régiment de la Chaudière (1869-2004), Lévis, Le Régiment de la Chaudière, 2005.



lundi 11 janvier 2010

Combien de Canadiens français/Québécois ont-ils servi outre-mer entre 1939 et 1945?

Par Sébastien Vincent
Texte inédit

Il est impossible pour l'instant de connaître le nombre exact de Canadiens français/Québécois ayant combattu outre-mer, car les statistiques militaires de l’époque ne croisent pas la langue maternelle et le statut à l’enrôlement.

Tout au long du conflit, le gouvernement fédéral a évité, pour des motifs politiques, de rendre cette situation transparente. L’historien Manson Wade résume ainsi la situation :

La maladroite décision officielle de rendre impossible la comparaison des contributions françaises et anglaises en effectifs, donna naissance à des soupçons chez les Canadiens anglais qui ne se gênaient pas pour déclarer que l’effort de guerre canadien-français était trop faible pour être divulgué, tandis que les Canadiens français le jugeaient supérieur à ce qu’il était en réalité. Il en résulta un heurt passionné d’opinions mal fondées, des deux côtés, sur la question, comme en 1917. […] Le Canada anglais avait tendance à juger l’effort de guerre exclusivement en fonction du volontariat, tandis que le Canada français comptait, parmi ses états de service, sa très importante participation aux emprunts de guerre.

Il demeure cependant possible de faire des estimations.

Au terme de la guerre, environ 94 000 Canadiens français dont près de 55 000 Québécois, selon l'historien Jean-Yves Gravel, s’étaient portés volontaires dans l’Armée de terre (infanterie et artillerie),


Archives nationales du Canada PA-132463- Soldats du Régiment de la Chaudière avec des civils, Bernières-sur-Mer, France, 6 juin 1944. Photo F.L. Dubervil.

Environ 13 000 matelots et officiers originaires du Québec ont servi dans la Marine royale canadienne (MRC), unilingue anglaise, formant près de 13% de son effectif total. Le pourcentage des officiers (1294 sur 6621) soit 19.5% est plus élevé que celui des marins (11.96%).



Le NCSM Athabaskan G07 à l'ancre en Islande en 1943
source: Pierre Lagacé

L’effectif de l’Aviation royale canadienne (ARC) compte, au terme de la guerre, plus de 263 000 hommes et femmes, dont 50 000 outre-mer. Sur les 222 501 hommes enrôlés dans l’ARC, environ 25 000 officiers et aviateurs étaient originaires du Québec, soit 11.13% de son effectif. Fait à noter, l’Ontario a produit quatre fois plus d’aviateurs que le Québec entre septembre 1939 et décembre 1946, certainement en raison du fait qu’elle a largement profité des écoles de l’Armée et de l’ARC. Par ailleurs, la majorité des membres stationnés outre-mer étaient prêtés à des escadrons de la RAF.




Le 425e Escadron fut formé le 25 juin 1942 dans le Yorkshire en Angleterre. Son appellation de ‘Premier escadron canadien français' ainsi que son emblème ‘Les Alouettes' font de lui un escadron spécial et il a adopté la devise ‘Je te plumerai'. Équipé de Wellington, de Halifax et de Lancaster, le 425 effectuera plus de 287 bombardements et remportera plus de 190 décorations pendant la Seconde Guerre mondiale.

Enfin, le pourcentage des généraux et officiers supérieurs francophones (lieutenant-colonel et plus) de l’armée de terre s’élèvait tout au plus à 8.1% au moment de la démobilisation, soit la proportion enregistrée dans la Milice avant la guerre.

En résumé, en additionnant les 94 000 engagés volontaires dans l’Armée de terre, les 13 000 autres de la MRC et les 25 000 membres de l’ARC, on arrive à un total d'environ 132 000 engagés volontaires issus du Canada français, ce qui inclut le Québec, mais aussi les Acadiens, les Franco-Ontariens et les francophones de l’Ouest canadien.

Cependant, peu d'entre eux ont occupé de hautes fonctions dans l'institution militaire canadienne.

Conscription pour le service de défense du territoire national vs volontariat pour le service outre-mer

Par Sébastien Vincent
Texte inédit

Contrairement à ce que certains ont longtemps pensé et/ou croient encore, le Canada a respecté jusqu’en novembre 1944 le principe du service outre-mer volontaire. La confusion naît certainement des termes utilisés.

La Loi sur la mobilisation des ressources nationales (LMRN) promulguée le 29 juin 1940 par le Parlement canadien instaure une forme partielle de service obligatoire pour les hommes célibataires âgés entre 21 et 24 ans. À compter d’octobre 1940, les conscrits de 21 ans appelés pour le service de défense du territoire national doivent suivre un entraînement militaire de trente jours dans les centres d’entraînement de la milice, avant de devenir réserviste. La limite d’âge passe à 18 ans et la durée de l’entraînement à quatre mois en janvier 1941.

Une recrue mobilisée par la LMRN demeure affectée uniquement à la défense territoriale du Canada, ce qui inclut, par décrets du Cabinet, Terre-Neuve, le Labrador et l’Alaska, régions considérées à l’intérieur de la zone de défense du Canada. En juin 1943, un décret inclut l’île de Kiska et un autre, émis en août, élargit la zone aux Antilles, à la Guyane britannique et aux États-Unis.

Bien que le plébiscite sur la conscription pour le service outre-mer du 27 avril 1942 a eu pour effet de libérer le Premier ministre canadien de son obligation morale de ne pas imposer la conscription pour l'envoi de troupes outre-mer, W.L. Mackenzie King se garde de le faire jusqu’à ce que les événements le rattrapent à l’automne 1944. À ce moment, « la question des renforts est transformée en crise par la prolongation de la guerre au cours de l’hiver et suite aux lourdes pertes que subissent les fantassins à Caen et à Falaise », écrit l’historien F. G. Stanley.

Donc, entre septembre 1939 et l’automne 1944, tous les Canadiens français/Québécois (et les autres Canadiens), qui combattent en Asie, puis à Dieppe, en Italie et en Europe de l’Ouest sont des volontaires qui ont préalablement accompli leur service de défense du territoire national.

Durant l’automne 1944, le nombre de volontaires a chuté à un point tel qu’il devient impossible de combler  les pertes subies par l’infanterie, d’autant plus que les militaires sont mal répartis entre effectifs de soutien et combattants. Cédant à la pression, le Premier ministre canadien renonce au principe du service volontaire et ordonne, non sans créer une crise politique au pays, l’envoi outre-mer de 16 000 conscrits en vertu de la LMRN.

Avec l’essoufflement du conflit qui prend fin en mai 1945 en Europe, 12 909 traversent en Angleterre, 2463 combattent lors des derniers mois de la guerre, 313 sont blessés, 13 sont faits prisonniers de guerre et 69 meurent sur le champ de bataille.

C’est peu, par rapport aux 42 042 pertes canadiennes pour l’ensemble de la guerre. Des 16 000 conscrits à partir de novembre 1944, environ 2400 venaient du Québec.

On aurait donc compté 2400 conscrits pour le service outre-mer à compter de novembre 1944 sur un total de volontaires, hommes et femmes, armée de terre, MRC et ARC confondus, estimé à environ 132 000 francophones engagés volontaires.

On comprend donc que, historiquement, l’expérience de l’engagé volontaire a été largement plus répandue que celle du conscrit.

dimanche 10 janvier 2010

Laissés dans l'ombre. Les Québécois engagés volontaires de la guerre 39-45 de Sébastien Vincent



L’opposition politique du Québec à la conscription a fini par masquer le fait que les engagés volontaires y ont été beaucoup plus nombreux que les conscrits.

Ce livre veut redonner la parole à des hommes qu’on a trop longtemps laissés dans l’ombre. Il rassemble des témoignages provenant de tous les théâtres d’opération où ils se sont illustrés et de tous les corps d’armée qui ont participé à la guerre, y compris la marine marchande.

Enrichi de photos, de cartes et de documents, ce livre passionnant et souvent touchant rend compte de la guerre telle que l’ont vécue sur le terrain ces jeunes hommes courageux.

Sont ici regroupés les témoignages de:

  • Patrick Poirier : Royal Rifles of Canda, prisonnier de guerre, Hong Kong
  • Antonio Brisebois : Fusiliers Mont-Royal, Dieppe
  • Rolland Gravel : Fusiliers Mont-Royal, Dieppe et prisonnier de guerre dans un oflag
  • Charles Laparé : Royal 22e Régiment, Italie
  • Jean-Pierre Boucher : régiment de la Chaudière, Débarquement en Normandie et Europe de l'Ouest
  • Paul Champagne : 8e régiment de reconnaissance, Europe de l'Ouest
  • Jacques Dupuis : 4e régiment d'artillerie moyenne, RCA, Europe de l'Ouest
  • Jean-Claude Dubuc :  Fusiliers Mont-Royal, Europe de l'Ouest
  • Maurice Prud'homme : régiment de Maisonneuve, Europe de l'Ouest
  • Pierre Bauset : 431e escadron (Iroquois), ARC
  • Raymond Meloche : marin, Athabaskan, MRC
  • Gérard et Jean-Louis Bonhomme : marins, MRC
  • Georges-Étienne Dagesse : marin, marine marchande canadienne

Cet essai est précédé d’une préface du colonel Pierre Sévigny.


Liens en date du 22 juin 2010 :

Compte rendu de Richard Martineau, Journal de Montréal (16 juin 2010)

Compte rendu d'Éric Paquin, Voir (9 décembre 2004) 

Recension de Desmond Morton, Recherches sociographiques, vol. 46, n° 3, 2005, p. 581-583.