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vendredi 3 septembre 2010

Québécoises dans l’armée

Par Pierre Vennat
Texte inédit

Si l’armée canadienne n’utilisa pas les femmes comme combattantes au cours de la Deuxième Guerre mondiale, plusieurs portèrent l’uniforme de l’armée. Sans compter les infirmières, qui elles formaient une classe à part et avaient tous le grade de lieutenant, de nombreuses autres servirent comme commis de bureau, spécialistes de transmission, chauffeures et ambulancières, etc.

Fondé depuis quelques mois à peine, le Women’s Auxiliary Reserve Corps (WARC) comptait déjà, en octobre 1940, plusieurs milliers de membres recrutés à Montréal, Québec et dans d’autres villes de la province.

L’unité avait reçut ses drapeaux le même mois, au manège des Fusiliers Mont-Royal. Un important camp de formation était établi à Sainte-Anne-de-Bellevue pour se femmes militaires.

La cérémonie d’octobre 1940 fut historique. C’était en effet la première fois qu’une cérémonie de remise officielle d’un drapeau régimentaire (cérémonie connue en anglais sous le nom de trooping the colours), était organisée par une unité féminine au Canada. L’unité était commandée par la major Sophie Elliott, assistée par plusieurs officiers canadiennes-françaises.

Plusieurs Canadiennes françaises occupaient des rôles de premier plan au sein du WARC au Québec. C’est ainsi que la capitaine Jeanne Germain était nommée secrétaire francophone et officier de liaison auprès de la presse canadienne.

Par ailleurs, parmi les organisatrices d’un gala militaire organisé en octobre 40 sous les auspices du WARC, on notait les lieutenants Gisèle Moreau, Bérangère Paré, Germaine Paré-Morin et la capitaine Julienne Saint-Mars-Gauvreau.

Une unité féminine d’élite

En octobre 1941, le major Élisabeth Smellie, membre du corps médical de l’armée active, vint expliquer à Montréal qu’elle s’était vue confier la tâche d’organiser une « unité féminine d’élite » au sein de l’armée canadienne.

On recherchait notamment des sténographes, des cuisinières des aide-dentistes, des chauffeures, des dessinatrices, des aides de laboratoires, des bibliothécaires, des mécaniciennes et des filles de tables. Les cours, promettait-on, seraient donnés dans les deux langues. Bref, il y aurait des cours en français pour les francophones.

La nouvelle unité comptait déjà 150 membres recrutés dans tout le pays, dont 12 Montréalaises de langue anglaise et deux francophones, Suzanne Masson-Simard et Madeleine Fortin. C’est à une Canadienne française, la major Cécile Bouchard, fille du sénateur Thomas-Damien Bouchard, de Saint-Hyacinthe, qu’on confia le commandement en second du Corps auxiliaire féminin de l’armée canadienne (CWAC).

C’est ainsi qu’on vit des femmes en uniforme dans les bureaux de l’administration, dans les laboratoires, au volant de camions, à la conduite de motocyclettes, dans les cuisines, dans les mess. Ces femmes permettaient aux hommes d’accomplir d’autres tâches, d’accepter des travaux demandant un effort physique plus grand.

Les recrues du CWAC suivaient un entraînement d’un mois à Sainte-Anne-de-Bellevue, où elles apprenaient les règlements, les traditions et l’étiquette de l’armée. Celles qui voulaient devenir officiers devaient suivre en plus un entraînement spécial et être soumises à une discipline des plus sévères.

Le sergent Marie Frémont donnait un cours de premiers soins en français. Le sergent Thérèse Mercier servait également comme instructeur, tout comme le sergent Yvonne Lantagne, responsable francophone du cours de cartographie. Le lieutenant Marcelle Delage commandait un peloton et la caporale Rose Roy agissait come assistante du quartier-maître.

Toutefois, il ne faudrait pas surestimer la participation des Canadiennes françaises aux unités féminines de l’armée. À la mi-avril 1942, au centre d’entraînement du CWAC à Sainte-Anne-de-Bellevue, sur172 auxiliaire du CWAC, on ne comptait que 12 Canadiennes françaises à l’entraînement au Collège Macdonald.

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