Le blogue change d'adresse!

Vous serez automatiquement redirigé vers la nouvelle adresse. Dans la cas contraire, visitez le
http://www.lequebecetlesguerres.org
et mettez à jour vos favoris.

vendredi 26 novembre 2010

Garde territoriale et Comités de protection civile

Par Pierre Vennat
Texte inédit

Un des buts de ce blogue est de faire connaître ou de rappeler des faits relatifs à la Deuxième Guerre mondiale au Québec dont on a peu ou pas parlé dans les livres d’histoire.

Par exemple, peu de gens se souviennent qu’au début de juin 1940, alors que l’Allemagne envahissait la France qui s’apprêtait à capituler, le brigadier général J-P. Archambault, commandant du district militaire de Montréal à l’époque, annonçait la formation d’un détachement comprenant 250 anciens combattants de la Première Guerre mondiale et huit officiers qui, en tant que membres de la Garde des anciens combattants, feraient partie de l’armée canadienne sous les drapeaux.

Quelques jours plus tard, une grande activité régnait aux quartiers généraux de la Garde territoriale où on procéda à l’examen médical des recrues, tous des anciens de la guerre 1914-1918. Les candidats acceptés étaient traités sur le même pied que les militaires sous les drapeaux, c’est-à-dire qu’ils étaient équipés, vêtus, habillés, logés et nourris par le ministère de la Défense nationale et recevaient la même solde que les militaires de grade comparable.

Une deuxième catégorie des membres de cette Garde territoriale, placée également sous la juridiction du ministère de la Défense nationale, était chargée d’accomplir du service actif anti-sabotage en protégeant les canaux, les ponts, le port. Etc., et relevait en pratique de la Gendarmerie royale du Canada, qui veillait à son entretien et versait la solde à ses membres.

Enfin, une troisième catégorie de réservistes, organisée par la Légion canadienne, visait à recruter des volontaires qui offriraient leurs services gratuitement en cas d’urgence.

La Garde des anciens combattants était commandée par un Canadien anglais, le lieutenant-colonel George MacLum, décoré de l’Ordre du Service distingué (D.S.O.) et de la Croix militaire (M.C.). Celui-ci était assisté de certains officiers canadiens-français, dont le lieutenant Jules Thibodeau, ancien combattant de la Première Guerre mondiale, qui avait alors servi dans le Royal Flying Corps puis dans la Royal Air Force et le lieutenant C.-P. Lavigne.

Quelques jours plus tard, le lieutenant-colonel John-H. Roy, Croix militaire (M.C.), ancien membre du 22e Bataillon canadien-français et décoré de la Croix de guerre française lors de la Première Guerre mondiale, devenait le commandant en second et l’adjoint du lieutenant-colonel MacLum au commandement de la compagnie montréalaise de la garde territoriale.

Si le Canada se dota d’une Garde des anciens combattants, on jugea que la création d’une Garde civile nationale n’était pas nécessaire et que la création de Comités de protection civile suffirait.

C’est ainsi que le 30 août 1940, on annonçait la création d’un commandement des forces mobiles du Comité de protection civile de la province de Québec.

Les forces mobiles du Comité de protection civile de la province de Québec devaient comprendre environ 1 000 volontaires au Québec, dont environ 500 à Montréal. Elles en compteraient également à Trois-Rivières, Hull, Québec et Sherbrooke. Considérés comme agents spéciaux, ces volontaires avaient des permis de port d’armes et devaient pouvoir venir en aide à la police. On recherchait « des hommes honnêtes et consciencieux qui, sans revêtir l’uniforme, peuvent être de bons soldats ».

La majorité des dirigeants de ce Comité étaient des anglophones, mais on avait confié le commandement du groupe de Trois-Rivières à un francophone, le lieutenant-colonel Raoul Pellevin.

Cette formation, expliquait-on, avait pour but d’apporter de l’aide en cas d’incendies allumés par suite d’actes de sabotage ou de raids aériens. Ses membres étaient répartis en plusieurs groupes de façon à couvrir toute la ville.

En Angleterre, des forces semblables avaient été mises sur pied et avaient rendus de précieux services. On jugeait qu’elles s’imposaient également au Canada et principalement dans les grandes villes comme Montréal et Toronto, où il y a tant d’usines et d’entrepôts, ainsi que les services d’utilité publique qu’il faut à tout prix protéger. »

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire