Par Guy Bordeleau *
Texte inédit
Jean-Marie Leroy 1945 |
Né le 3 avril 1924 en Belgique, Jean-Marie Leroy est arrivé au Canada alors qu’il n’avait que six ans. En Août 1943 alors qu’il était aux études à l’Université de Montréal, il s’enrôle dans les Fusiliers Mont-Royal et durant près de 12 mois, il effectue son entraînement à la base militaire de Farnham située en banlieue sud de Montréal. Bien qu’il ait reçu son entraînement d’officier, il a préféré demeurer simple soldat pour aller combattre avec ses compagnons d’armes.
Au début Juillet 1944, il s’embarque pour l’Angleterre et arrive en Normandie à la fin du mois d’août de la même année. Il subira son baptême du feu dans les combats pour la libération de Dunkerque et sera ensuite de tous les combats qui ont été livrés pour libérer les zones côtières de la France, de la Belgique et des Pays-Bas. Il participera à la bataille de l'Escaut, aussi connue sous le nom de bataille des digues, ainsi qu’aux combats pour la prise du canal d’Anvers-Thurnhout, de Woensdrecht, de Beveland, de Rhénanie, de Hochwald, de Xanten, du Rhin, de Groningen et d’Oldenburg.
Le 15 avril 1945, il sera blessé et ce sera pour lui la fin de sa guerre au cours de laquelle il aura perdu plusieurs de ses compagnons d’armes. Parmi ceux-ci, il y a eu son meilleur copain, le soldat Joseph Conrad Montcalm, tombé au champ d’honneur le 25 janvier 1945 près de Groesbeek. Le soldat Montcalm fut atteint d’une rafale de mitrailleuse mais n’est pas mort sur le coup. Il aura le temps de demander à Jean-Marie de venir l’aider mais, sous le feu ennemi qui faisait rage, il ne pourra que lui faire la promesse de revenir dès que possible. À son retour des combats, Jean-Marie apprendra que le soldat Montcalm est décédé et il vécu le restant de ses jours avec le poids d’une promesse qu’il n’a pu accomplir.
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Joseph Conrad Montcalm et Jean-Marie Leroy |
Lorsque je lui dis qu’il est un héros,
il me répond alors sereinement que ce n’est pas lui le héros
mais plutôt ceux qui sont tombés au combat au nom de la liberté.
Il enchaîne alors modestement,
comme seuls les grands hommes savent le faire,
en affirmant avoir accompli son devoir de simple soldat,
un point c’est tout.
Que la vie vous réserve encore bien des années
ou bien, telle une vague qui s'alanguit au terme de son éphémère existence,
vous soyez à l’assaut de votre dernière plage,
le temps vous arrache impitoyablement
de ceux qui vous sont reconnaissants.
Longtemps après que l’heure du crépuscule sera passée
et que vous aurez rejoint vos frères d’armes
à qui vous avez survécu,
nous nous souviendrons de vous.
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* Guy Bordeleau est ingénieur, M.Sc., coordonnateur de stages à l'École d'ingénierie de l'Université du Québec à Trois-Rivières.
Monsieur Vincent,
RépondreSupprimerJe vous remercie d'avoir accepté de publier sur votre blogue cette petite biographie du soldat Jean-Marie Leroy.
La cérémonie de mise en terre des cendres de monsieur Leroy, au cimetière de Groesbeek aux Pays-Bas à l'endroit où se trouve enterré le soldat Joseph-Conrad Montcalm, a été simple et empreinte d'émotions. Le ministre d'Anciens Combattants Canada, l'honorable Jean-Pierre Blackburn, a été fortement ému ainsi que les soldats canadiens présents à cette cérémonie.
Pour en savoir plus sur cette cérémonie, veuillez cliquer sur les deux liens Internet suivants:
http://www.vac-acc.gc.ca/souvenir/sub.cfm?source=archives/pays-bas/ceremonies/65-galeries/003
http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2010/07/ou-gisent-les-heros-65-ans-de-liberation/
Salutations distinguées
Guy Bordeleau